Jean-Louis Coletti : "Je n'ai jamais 
parlé des risques"

Jean-Louis Coletti, directeur de l'agence immobilière Immobilia 2000 à Monaco, est l'heureux père de deux sportifs monégasques de haut niveau. Alexandra, trente ans et Stefano, vingt-quatre ans. L'un pratique le ski, l'autre l'automobile. Nous avons souhaité découvrir de quelle manière le chef de famille vit cette situation qui n'est pas de tout repos.

Parlez-nous des jeunes années de vos enfants…

Alexandra a commencé sa carrière en faisant partie de l’équipe nationale d’Italie. Puis elle est venue skier pour Monaco car elle a la double nationalité. Stefano, lui, a commencé par le karting. Il a été champion d’Europe junior (2004), puis il a évolué dans d'autres catégories. 

Avant que vos enfants ne se lancent dans des sports à risques, en avez-vous parlé avec eux ?

Je n’ai jamais parlé des risques avec eux, parce qu'on essaie de ne jamais évoquer la possibilité de se faire mal. Notre fille a une activité d’hiver et notre fils une activité d’été, nous avons douze mois de stress permanent. J’ai toujours su qu'il allait y avoir des moments difficiles. 

En particulier pour le ski qui est beaucoup plus dangereux que l’automobile. Les gens ne l’imaginent pas mais en automobile, on est protégé. Les coques des voitures sont très sûres et les accidents graves sont maintenant rarissimes, surtout dans les Formules. 

Mon fils a tout de même eu deux accidents importants. Il s'est fracturé une puis trois vertèbres. Mais il a aussi eu plusieurs autres accidents sans dommage. Dans le ski, les accidents graves sont à l’ordre du jour. Ma fille est déjà passée dix fois sur la table d’opération. 

Comment imaginez-vous la suite pour Alexandra ?

Dans le ski, l’âge a été beaucoup repoussé, surtout pour les épreuves de vitesse. On remarque que toutes les filles, à part Shiffrin (Mikaela, médaillée d'or en slalom à Sotchi) qui a 18 ans, toutes les autres médaillées ont entre 29 et 32 ans. Je pense que la carrière d’Alexandra pourrait aller jusqu’aux prochains Jeux olympiques. Quand on voit Bode Miller qui a gagné une médaille à 37 ans (le bronze, sur le super-G) et qui parle de participer aux prochains JO en Corée... 

Et pour Stefano ?

J’espère qu'il deviendra pilote professionnel dans une catégorie où il courra en étant payé. Disons qu’il a les qualités pour puisque c’est un pilote qui a souvent gagné, à Monaco notamment, où très peu y parviennent. Il va faire encore une année de GP2 et après on verra. A partir de 2015, il devrait être pilote professionnel à temps complet.

Ont-ils fait des études en parallèle ?

Ma fille a eu son Bac, mon fils n’a pas pu l'avoir parce que pendant les trois ans où il devait se présenter, il avait des courses à la période des examens. Il a dû y renoncer. Il est impensable, pour l’un et pour l’autre, de faire des études universitaires étant donné l’engagement mental et physique que l’on doit avoir pour être sportif de haut niveau. 

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