David Lisnard : "Faire de Cannes la capitale du jogging"

Venons-en au terrain politique. Dans ce domaine, le sport est-il un bon moyen de communication ?

Pff… Je n'en sais rien, je ne me suis jamais posé la question. Pour moi, ce n'est pas un acte de communication, c'est un acte de vie. J'ai grandi dans le sport, ma mère était danseuse étoile et mon père footballeur, j'en ai toujours fait, j'ai toujours vu les gens autour de moi en faire.

J'en discutais récemment avec Laurent Wauquiez, qui court aussi des marathons… Un peu moins bien que moi (il sourit). Il me disait que ça lui apportait de la plénitude et aussi une bonne image. Il trouve que les gens adorent voir les hommes politiques souffrir. Il y a un tel rejet de la politique que voir un élu qui souffre, ça apporte du bonheur. C'était plutôt drôle ! 

Vous n'actionnez donc pas ce levier pour valoriser vos actions ?

La politique, c'est la gestion de la cité et la compétition électorale. C'est à la fois prendre des décisions publiques qui permettent d'organiser la vie. Et la politique est consubstantiellement liée à la communication. Diriger, c'est communiquer. Communiquer, c'est diriger. Et ce n'est pas nouveau, ça date de Périclès… C'est un acte de communion quelque part, dans une époque où on ne croit plus en rien, où on se méfie des autres.

À Cannes, le sport semble être un sujet qui compte…

Ici, nous avons 22 000 licenciés. Une municipalité responsable doit évidemment mener une politique de sport ambitieuse et proche des habitants. Beaucoup de choses ont été faites par Bernard Brochand, qui a aussi cette fibre sportive. Il aime réellement ça et ça se traduit dans les actes. On avait un palais des sports obsolète, pourri et on a construit le palais des Victoires. On n'avait quasiment plus de piscines et il a créé ce stade nautique à La Bocca, qui est magnifique et qui fonctionne merveilleusement bien. Tout comme le nouveau club municipal de tennis (le Cannes garden tennis club), dont les prix sont très attractifs. On a également refait la piste d'athlétisme, l'anneau cyclable. Il y a eu aussi la création du boulodrome à La Bocca. C'est un jeune architecte de la ville de Cannes qui l'a réalisé. C'est également lui qui a imaginé la piscine du Montfleury, que l'on va inaugurer bientôt. Ce sera un très bel équipement, avec un club de tennis.

Quelle orientation donneriez-vous à votre politique sportive si vous étiez élu maire de Cannes ?

On va essayer d'écrire une nouvelle page du sport local. Si les Cannois m'accordent leur confiance, je veux faire du sport un élément fondamental du bien-être à Cannes. Il faut soutenir le sport d'élite, mais aussi le sport pour tous, qui peut améliorer la santé publique. On mettra des choses en place des choses pour la jeunesse que pour les personnes âgées. On complètera l'offre d'activités de loisir, de bien-être. Au sein du club Bel âge, on proposera de plus en plus d'activités sportives raisonnables, comme la randonnée, la course à pied, la natation…

Y aurait-il un projet phare que vous souhaiteriez développer ?

Je voudrais que Cannes devienne réellement la capitale du jogging. J'y crois beaucoup. On a une multitude de parcours possibles, on les aménagera. On a commencé à le faire sur le canal de la Siagne, où on a mis des bornes tous les 500 mètres pour le fractionné, des fontaines d'eau. On développera des parcours de jogging en bord de mer, mais aussi dans la Californie, sur les îles de Lérins et dans la Croix des Gardes, avec un plan et des niveaux de difficulté, comme pour les pistes de ski. Ce sera un outil intéressant pour les Cannois, mais aussi pour les touristes et les congressistes. À ma connaissance, ça n'existe pas ailleurs. 

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