David Lisnard : "Faire de Cannes la capitale du jogging"

Premier adjoint hyperactif de la Ville de Cannes, David Lisnard est en campagne pour les prochaines élections municipales, lors desquelles il espère succéder à Bernard Brochand. Marathonien accompli, passionné de boxe et de football, il nous a fait part de ses idées et de ses projets en matière de sport pour sa commune.

Vous avez la réputation d'être très sportif. Quelle est votre activité de prédilection ?

Je fais deux marathons par an, un au printemps et un en automne, plus quelques semis et des courses de 10 km. Ma base de préparation avant un marathon, c'est quatre à six séances hebdomadaires sur huit semaines. Le dimanche, j'essaie de faire une sortie plus longue. Quinze jours avant, je fais une séance de 2 h 40 en endurance. Certains disent que c'est trop près de l'échéance, mais ça me réussit. En semaine, je fais du fractionné, ce qui est le plus dur pour moi. J'ai 44 ans, ça m'épuise. Il m'arrive de courir dans de longues côtes dans la Californie, ou à la Valmasque quand j'ai le temps. Je ne cours jamais avec de la musique dans les oreilles. J'aime entendre les sons extérieurs, être connecté à l'environnement qui m'entoure. Le bonheur vient de la communion, comme toujours. Quand on fait des trails, c'est génial, on est en communion avec la nature.

Vous verra-t-on au départ du marathon Nice-Cannes, le 10 novembre prochain (entretien réalisé avant l'épreuve) ?

Au moment où je vous parle, je ne peux pas en prendre l'engagement absolu. Je me suis inscrit. J'espère pouvoir y participer, mais ça risque d'être compliqué compte tenu d'un autre marathon dans lequel je me suis lancé, le marathon électoral. Déjà qu'il était difficile de concilier mes plannings professionnel, politique et personnel de père de famille…

Partons du principe que vous serez au départ du Nice-Cannes. Quel sera votre objectif ?

J'ai fait trois fois 2 h 58' et une fois 2 h 59'. Mon objectif, c'est toujours de le terminer. Après, j’ai l'esprit de compétition, y compris avec moi-même. Donc c'est dur de me dire que je vise 3 h 10' ou 3 h 15'. (David Lisnard a finalement pris part à l'épreuve, réalisant un chrono de 3 h 11' 03") On verra… Le marathon, ça rend très modeste. On n'est jamais à l'abri d'une tendinite, surtout quand j'entre dans une période très tendue où je dors peu. Si je n'ai pas de blessure, je terminerai, même en 4 heures.

Qu'est-ce qui vous pousse à faire une épreuve aussi exigeante que le marathon ?

Tous les coureurs doivent dire la même chose : ça fait partie des plus grands bonheurs d'une vie. Arriver à transcender ses souffrances, c'est psychologique et physique, ça crée de l'endorphine. On arrive à un état de plénitude extraordinaire. Cela vient peut-être de ma vieille éducation chrétienne, mais je crois que la jouissance dépend de la souffrance.

Qu'avez-vous en tête durant ces trois heures de course ?

Pendant une course, je ne pense pas toujours à la même chose. Le plus grand bonheur, c'est quand on ne sait plus à quoi on doit penser. On est dans la course, tout fonctionne bien… Quand on est fatigué, on pense trop. On regarde sa montre, on attend seulement que ça se finisse. 

On dit aussi que le sport permet de "déconnecter" avec le quotidien. Est-ce ainsi que vous le percevez ?

Plus ou moins. Le cerveau décroche et on peut repenser à des problèmes de la journée. Quand je cours, je crois que je résous 90 % de mes problèmes. Parce que ça me permet de relativiser, d'aller à l'essentiel. Quand le cerveau est bien irrigué, on a d'autres raisonnements, on trouve des solutions. Il m'arrive d'imaginer des trames de discours, des manières d'aborder un client pour mes activités professionnelles. C'est banal de dire ça, mais ça fait du bien au corps et à l'esprit. J'ai toujours une paire de baskets avec moi, je peux partir entre deux réunions ou entre midi et deux. Je me douche et la journée reprend.

Un mot sur la boxe anglaise, que vous appréciez également ?

Je n'ai plus le temps d'en faire, c'est l'une de mes frustrations. Je reprendrai au printemps prochain, quelle que soit l'issue du scrutin. C'est LE sport qui me permet de me sentir le mieux dans ma peau.

Parlons football. Le fait de voir l'AS Cannes se débattre en CFA (Championnat de France amateur, le quatrième niveau national), vous peine-t-il ?

Je me sens très concerné par l'AS Cannes, pour des raisons très personnelles. Mon père était footballeur professionnel, il a eu son premier contrat ici. Mon grand-père, Raymond, a été un dirigeant emblématique du club dans les années 50 et 60. Il a laissé beaucoup de temps, beaucoup de nerfs et le peu d'argent qu'il avait à l'ASC. Ce club, il fait partie de mon ADN. D'un autre côté, quand on gère la cité, on ne peut pas se contenter de dire ça. La raison doit l'emporter sur la passion. Ma responsabilité vis-à-vis du contribuable passe avant cette subjectivité. La Ville de Cannes est partenaire du club, elle donne beaucoup. Aujourd'hui, on a l'équipe de CFA qui a le plus d'aides municipales. Mais il ne faut pas faire n'importe quoi, il faut faire attention aux dérives.

Pensez-vous que le club puisse retrouver une division plus conforme à son statut d'antan ?

Je suis optimiste, pas béat ou imbécile. Simplement, je trouve qu'il y a un entraîneur de qualité en ce moment. Jean-Marc Pilorget a porté le maillot rouge et blanc, il a joué au PSG, c'est un meneur d'hommes. Il y a un actionnaire qui a mis beaucoup de moyens. À un moment donné, la roue tourne. J'espère que ce sera cette saison, j'y crois. Il y a également des projets de reprise intéressants qui émergent.

Où doit se situer dans Cannes dans la hiérarchie du football français ?

Je ne pense pas que l'AS Cannes ait le potentiel pour être un grand club de Ligue 1, mais il elle peut être un bon club de Ligue 2. Sur un mandat, il faut se donner des objectifs pour faire en sorte que l'équipe remonte en National puis accède à la L2 en travaillant sereinement. Le National et le CFA, ce sont les pires championnats. Vous avez des contraintes de pros, avec des joueurs qui s'entraînent deux fois par jour, la compétition est âpre. Mais vous n'avez quasiment aucune recette. Il n'y a pas de spectateurs, il y a peu de sponsoring et surtout, il n'y a pas de droits télé. 

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