Au cœur de la glisse monégasque

La Fédération Monégasque de Ski Nautique, créée en 2008, compte une cinquantaine de licenciés. Si la pratique de sa discipline se fait dans le Var, à Roquebrune-sur-Argens, c'est aussi là qu'elle y accueillera les championnats d'Europe U21 fin août. Avec la participation de deux jeunes Monégasques.

Un espace où règne le calme. Cela ressemble presque à une carte postale. Un plan d'eau et autour, du vert. Une forêt d'un côté, un champ de l'autre. Non loin, un domaine viticole. Pas un bruit ou presque ne vient troubler la paix qui envahit les lieux. Et d'un coup, un moteur qui retentit. Très vite, un bateau apparaît, tractant dans son sillage un jeune homme s'accrochant à un palonnier, relié à l'embarcation par une corde, ski nautique aux pieds. Si le bateau avance à vive allure en ligne droite, le minot dessine des virages autour de bouées orange placées tout au long du parcours qui jonche les 900 mètres du plan d'eau. Sur un panneau, "Monaco Wake and Ski" accueille les nouveaux arrivants comme les habitués du lac Vaudois. La base est à Roquebrune-sur-Argens, dans le Var. A un peu plus d'une heure de Monaco. Et appartient à la Fédération Monégasque de Ski Nautique (FMSN) qui en détient les droits d'exploitation. Pour nous accueillir, Aleco Keusseoglou, président de la FMSN. "Vous avez trouvé facilement ? Suivez-moi, c'est par-là." 

Cadre   Erika Tanaka Csm35 Ski Nautique 2

Un club monégasque loin de Monaco

A l'image de plusieurs clubs sportifs monégasques, comme le Monte-Carlo Golf Club ou le Monte-Carlo Ski Club, le Monaco Wake and Ski a dû aller chercher l'espace idoine pour la pratique du ski nautique à l'extérieur de Monaco. "Nous avions besoin d'un plan d'eau et après de longues recherches, nous sommes arrivés à un accord avec la mairie de Roquebrune-sur-Argens pour l'exploitation de cet espace, ici, qu'on a repris en 2013." Repris, car il était auparavant géré par la Fédération Française de Ski Nautique. 

Face à leur impossibilité de continuer, l'équipe monégasque a donc pris la suite, non sans en passer par une remise en état des lieux. "Le lac était devenu un marécage. Pour le remettre en état, cela nous a demandé 800 000 euros de travaux. Je dois remercier le Prince Albert II. Tout ce qui touche au sport lui tient à cœur et la Fédération a obtenu une subvention du gouvernement. J'ai aussi trouvé des sponsors privés et j'ai également mis des deniers personnels pour arriver à remettre tout ça en état." Pour gérer cet espace, de même que la FMSN, Aleco Keusseoglou s'est entouré d'un petit groupe de personnes, aussi proches de lui que compétentes. Sa secrétaire, Jacqueline Parisi, officie également en tant que secrétaire de la Fédération tandis que le poste de vice-président est revenu à un habitué du milieu, en la personne de Jean-Michel Cau. "Il a été durant 25 ans le directeur technique national de la fédération française et a décidé de venir nous donner un coup de main lorsqu'il a pris sa retraite." 

Erika Tanaka Csm35 Ski Nautique 22

Une fédé et un club

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le Monaco Wake and Ski permet de pratiquer le ski nautique quasiment toute l'année. Ouvert du 1er mars à début décembre, l'espace situé sur le Lac Vaudois peut également accueillir ponctuellement les plus assidus des pratiquants en période hivernale. "Il suffit que le temps le permette et nous passons un coup de fil à Marc-Antoine pour venir skier pendant le week-end", explique le président de la FMSN. Marc-Antoine Cortes est le directeur technique du club. Vieille connaissance d'Aleco Keusseoglou, il est aussi un ancien skieur international français plusieurs fois titré. C'est d'ailleurs lui qui assure une partie de l'enseignement dispensé au Monaco Wake and Ski. En compagnie d'Andrea Pagnossin, tous deux entraînent les licenciés du club et de la fédération. 

Deux types de compétiteurs bien distincts, même si tous peuvent se retrouver sur les mêmes épreuves. "Les licenciés de la FMSN sont monégasques ou résidents et représentent Monaco sur les compétitions internationales comme les championnats du monde et d'Europe (pour les Monégasques), tandis que ceux du club sont français ou résidents français." Au-delà des épreuves internationales, tous les membres du club et de la fédé peuvent prendre part au championnat de France de leur catégorie. Y compris les Monégasques, qui bénéficient d'une convention avec la fédé française. "Ils ne peuvent simplement pas être champion de France, un peu comme ce qu'il se passe pour les skieurs".  

Erika Tanaka Csm35 Ski Nautique 8

Page 1/2

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos
Photo_thumb_alexandre_marsan__13_

Un club ouvert à tous

Monaco Wake and Ski est un club ouvert à tous. Proposant des initiations au ski nautique dès le plus jeune âge, licenciés et non licenciés peuvent s'y rendre pour s'adonner à cette pratique. "Tout le monde peut devenir membre du club. Il suffit de payer sa cotisation et cela donne droit à des avantages, comme la priorité sur les réservations ou des tours de ski moins chers." Cependant, si l'on ne désire pas devenir membre du club ou de la fédération, il est aussi possible de se rendre au Monaco Wake and Ski pour y faire un tour. Il faut alors, réserver au préalable son tour, tout en sachant que les licenciés sont prioritaires, et le tour de ski sera plus cher que pour les membres.


Les disciplines du ski nautique

Slalom
Discipline principale au ski nautique, le slalom est un principe simple. Le skieur, tracté par le bateau, doit contourner six bouées situées de part et d'autre du chenal (voie pour le bateau). Après chaque passage réussi, la vitesse augmente (jusqu’à 58 km/h pour les hommes et 55 km/h pour les femmes) et lorsque la vitesse maximale est atteinte, on accroît la difficulté en raccourcissant la corde de traction. Le but est de franchir le plus de bouées possibles avec la corde la plus courte qui soit.
Figure
Il est ici question de deux passages de 20 secondes au cours desquels il faut cumuler le plus de points possibles. Les points sont attribués selon un barème de difficulté des figures réalisées. Le ski utilisé est plus large et plus court que ceux de slalom et les figures sont réalisés palonnier en main ou au pied.
Saut
C'est la discipline la plus spectaculaire. Pour que le saut réalisé par le skieur soit pris en compte, il ne doit pas chuter à la réception. La performance est conditionnée par la vitesse d’arrivée sur le tremplin, l’impulsion et la position durant la phase d’envol. Le but est d'aller le plus loin possible. Il y a trois essais et c'est le plus long qui est retenu.