9e Grand prix historique : le respect des anciennes

Avant l'arrivée des F1 version 2014, la 9e édition du Grand prix historique a investi la Principauté ainsi que son circuit urbain, du 9 au 11 mai. 230 bolides de plusieurs générations se sont affrontés, pour le grand plaisir des amateurs d'anciennes carrosseries.

Ce qui sciait les pattes, c'était de pouvoir les approcher de si près. Elles étaient là, les Maserati, les Jaguar, les Aston Martin et les Ferrari. Elles avaient connu leurs heures de gloire il y a plusieurs décennies. Certaines dormaient au-dessus du stade nautique Rainier-III, dans les stands qui allaient accueillir les F1 modernes, deux semaines plus tard. Les autres étaient hébergées sur le quai Antoine-1er. On les voyait, éventrées et rugissantes, sous la surveillance experte des mécaniciens.

 Sur le port, on avait à faire à des paddocks sous forme d'"open space". Aucune séparation ne venait bloquer les échanges entre les pilotes et leurs adversaires. "C'était comme ça le Grand prix à mon époque. Je revois les bagnoles de quand j'étais jeune. J'ai l'impression de rajeunir !", raconte Franck Nicolas, membre de la commission technique. "C'est très sympathique, on peut leur parler et on peut mettre le nez dans le moteur."

Explosif, parfois poussif

Les 230 concurrents ainsi que leurs véhicules s'étaient établis en terres princières dès le vendredi. L'après-midi, ils entamaient les essais. Les bolides étaient répartis en sept catégories. Cela allait de la voiturette datant d'avant la Deuxième Guerre mondiale aux Formule 3 de 1978, en passant par les Formule 1 et 2 s'étant illustrées entre ces deux périodes.  Dimanche, dès 9 h 30, les séries s'élançaient avec tout ce que cela comportait de spectaculaire. 

Un son explosif, parfois poussif dans le virage de la Rascasse ainsi qu'en grimpant l'avenue d'Ostende. On entendait les moteurs râler au moment de tomber les rapports, on voyait des engins dont les grandes roues patinaient en fin de virage. Certains pilotes portaient un casque largement ouvert, découvrant des lunettes transparentes les protégeant de l'air piquant, mais aussi de la fumée fabriquée par le concurrent de devant. 

"Le premier circuit en ville"

Dimanche, jour de courses, les tribunes affichaient quasiment complet. À l'image des stands. "On fait le plein à chaque édition. On est obligés de refuser beaucoup de voitures. Presque toutes les nationalités sont représentées. Les gens aiment beaucoup Monaco parce que le pays a un charisme. C'est mythique, ça a été le premier circuit en ville." Commente Gery Mestre, président de la commission des voitures de collection à l'Automobile club de Monaco. Durant les quelques jours, plusieurs personnalités de la course auto se sont rendues sur le bitume monégasque. Certains ont eu la chance d'échanger quelques paroles avec Sir Stirling Moss (ancien pilote anglais, quatre fois vice-champion de F1) ou encore avec Damon Hill (champion du monde de F1 en 1996) qui a fait quelques tours de pistes dans une Renault F1 RE40 de 1983, amenée pour le fun par Renault Classic et ses ingénieurs. 

Samedi, c'est Alain Prost (quatre fois champion du monde de F1) qui en prenait les commandes. Dimanche, c'était au tour de Jean-Pierre Jabouille (ancien pilote de F1) de la tester, à l'heure du déjeuner, pour éclater les spectateurs. Le speaker rappelait qu'il est le premier pilote à avoir ramené une victoire à Renault en Grand prix. Juste avant qu'il prenne le volant, Jacky Ickx (pilote belge, notamment 6 fois vainqueur des 24 heures du Mans) avait ouvert l'appétit de l'assemblée en faisant le show au volant d'une Mercedes de 1937. 

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