Les étoiles de la piste

2016- Sous les étoiles

Difficile de revenir sur l'édition 2016 sans évoquer son contexte. La veille au soir, Nice connaissait la pire attaque perpétrée sur son sol. Un camion fou au soir du 14 juillet faisait irruption sur la promenade des anglais, emportant dans sa folie 86 vies innocentes. Au lendemain de cet attentat, les visages étaient marqués. Et le meeting a débuté par un témoignage de respect. Celui d'un stade, debout, silencieux, à l'exception d'un homme décidé à applaudir, rendant hommage aux victimes et à la ville voisine. 

Le sport, rien que le sport

Toutes les festivités habituellement prévues avaient d'ailleurs été annulées, seules les épreuves sportives étant maintenues. Les athlètes arboraient quant à eux un ruban noir sur leur tenue. Malgré un contexte assez lourd, ils ont su faire le show sur la piste. S'il en est un de doué dans cet exercice, c'est bien Gianmarco Tamberi. L'aérien italien est un showman par excellence. Cheveux longs, barbe rasée de moitié (comprenez rasée à droite et pas à gauche), short de basket pour ses premiers essais, le sauteur en hauteur sait faire le spectacle. Et il l'a démontré une fois de plus en 2016. Dans un duel haletant face à Mutaz Barshim (Qatar), qui est également son ami, le Transalpin a petit à petit pris le meilleur sur son adversaire. Après une frayeur à 2,39 m pour remporter le concours, il s'est élancé pour franchir 2,41 m. 

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Mais, lors de son troisième essai, il se blesse à la cheville (lésion partielle) sur un mauvais appui. Son cri de douleur a longtemps résonné. Une victoire au goût amer puisqu'il a ensuite raté les JO de Rio un mois plus tard. Autre show, tout aussi impressionnant, mais plus rapide, le sprint féminin. Une certaine Dafne Schippers était alignée au départ du 100 m, et la Néerlandaise, alors récente championne d'Europe, voulait envoyer un message fort à la concurrence. Elle n'a pas déçu, avec une course maîtrisée pour s'imposer en 10''94 devant la Jamaïcaine Veronica Campbell-Brown.

Le demi-fond, toujours une attraction

Autre personnage sympathique, Pascal Martinot-Lagarde a lui aussi réalisé de belles choses ce soir-là. Le hurdler français, spécialiste du 110 m haies, a signé une bonne course, prenant la deuxième place derrière Orlando Ortega (futur médaillé d'argent à Rio), tout en étant suivi de près par Dimitri Bascou (3e et futur médaillé de bronze à Rio) et Wilhem Belocian (4e). Mais à Monaco, l'attraction principale se trouve souvent du côté du demi-fond, l'une des marques de fabrique du meeting. S'il n'y a pas eu de record du monde cette année-là, Caster Semenya a tout de même fait parler la poudre sur le 800 m féminin, avec la meilleure performance mondiale de l'année en 1'55''33, réalisant au passage un nouveau record du meeting et de la Diamond League. 

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Si Semenya a frappé fort, l'un des grands moments de la soirée devait être le 1 500 m masculin. Une course aux allures de ''All Star Game'' de la discipline, avec le dernier quatuor de tête aux championnats du monde de Pékin (Kiprop, Manangoi, Iguider, Makhloufi), le champion d'Europe 2016 (Ingebrigtsen), ainsi que le jeune Ronald Kwemoi, la sensation kenyanne du demi-fond qui s'était révélé en 2014, sans oublier l'inamovible Mo Farah. Et c'est finalement le jeune Ronald Kwemoi qui l'a emporté, créant une belle surprise. 

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