Sonny Folcheri, "Method Man"

Après avoir couru son premier marathon en 2010, Sonny Folcheri a récemment fait tomber le record monégasque sur l'épreuve, record qui tenait depuis 27 ans. Rencontre.

Il est le nouveau recordman monégasque sur marathon. Après deux tentatives infructueuses fin 2015 et début 2016, Sonny Folcheri a réussi à passer sous la barre des 3 heures lors du marathon d'Amsterdam, tombant au passage un record vieux de 27 ans (2h59'26" - Pierre Maccario, en 1989), avec un temps de 2h58'18". De quoi récompenser les efforts du sociétaire de l'AS Monaco Athlétisme qui s'était fixé cet objectif il y a un peu plus de deux ans. Pourtant, celui qui s'engage aujourd'hui régulièrement sur les marathons et triathlons n'était pas forcément destiné à ce genre d'épreuves d'endurance. 

Tennis et passion paquebot

Dans ses jeunes années, bien qu'il n'affiche que 29 printemps, celui qui est aujourd'hui journaliste à Monaco, n'aimait pas courir. Mais pas du tout. "Dès tout jeune, j'ai toujours fait du sport. Mais jusqu'à mes 18 ans, je n'aimais pas la course à pied". Après des tentatives infructueuses dans le football et le handball, c'est au tennis que le natif de la Principauté trouve son équilibre, 10 années durant. "Ce n'est pas que je suis un solitaire, mais je préfère ne m'en remettre qu'à moi-même plutôt que de devoir compter sur les autres. C'est comme en course à pied, tu prends tes baskets et tu vas courir tout seul. Même si ça, il m'a fallu un moment avant de m'y mettre." 

Et pourtant, il avale désormais les kilomètres. La faute à un départ à Londres pour ses études de journalisme, même si là encore, ce n'était pas son choix premier. "A la base, comme tous les mecs, j'aime bien le sport et le foot, et quand on est jeune et qu'on regarde les matches à la télé ou qu'on les écoute à la radio, je voulais être à la place du commentateur. Mais c'est arrivé assez tard, parce qu'au départ, je rêvais d'être commandant de bord sur les paquebots." Car depuis petit, ce grand blond aux yeux azur voue une passion pour ces navires. "Je connaissais tous les noms de paquebots. Mais il fallait être très bon en math et avoir une vue parfaite." Si les mathématiques auraient pu se travailler, la vue, elle, ne pouvait s'améliorer. Direction le journalisme.

Moment père-fils

Après deux ans passés à l'école de journalisme de Nice, c'est le départ pour Londres afin de valider une troisième année. "Le seul sport que je faisais là-bas, c'était d'aller courir dans Hyde Park", confie le jeune homme. Résultat, première course fin 2009 avec le Giru de Natale et ses 10 km dans Monaco. "J'ai réussi à la finir mais avec un énorme point de côté parce que j'étais parti trop vite", se souvient Sonny. Qu'importe, l'histoire était en marche. Après cette première expérience, il se laisse vite prendre au jeu des courses régionales sur lesquelles l'objectif est toujours de faire mieux que la fois d'avant. Et l'idée du marathon commence à poindre, alors que cela lui apparaissait inenvisageable quelques années auparavant. 

"Je n'aurais jamais pensé le faire il y a 10 ans. Il y avait comme une barrière psychologique. Alors que je venais juste de commencer à courir, un ami a fait le marathon de Paris. Il l'a terminé en un peu plus de 4 heures et je lui ai dit qu'il était mon idole parce qu'il avait réussi à le finir." Et un an plus tard, c'est bien celui qui avait la course en horreur qui prend place sur la ligne de départ du marathon Nice-Cannes. Résultat : 3h59'25". Le mythe est tombé et la machine lancée.

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C'est ensuite l'étape new-yorkaise qui se dresse sur sa route. Mais là, nul objectif de résultat, si ce n'est celui de profiter. "On s'y est inscrit avec mon père et on voulait simplement partager ce moment ensemble. On l'a couru côte à côte et c'était le premier marathon qu'il terminait." En couple à cette époque, il confie alors à son amie qu'il envisager d'arrêter après celui-là. "Mais ça devient comme une drogue en fait." Pourtant, tout n'est pas rose dans la période précédant une telle épreuve. 

Le méthodique

Au fil des marathons, sa préparation s'affine pour être toujours plus optimale. Et si l'aspect sportif est important, l'hygiène de vie l'est tout autant, notamment à mesure que le top départ se rapproche. Il faut alors s'organiser afin d'arriver dans la meilleure forme possible. "Sans aller jusqu'à dire que je suis maniaque, je pense être quelqu'un d'organisé. Comme dans notre métier, il y a une certaine rigueur, une certaine préparation à mettre en place, notamment dans les 3 mois précédents la course. Que ce soit dans les entraînements avec des sorties répétées et variées, comme dans l'alimentation." 

Et après deux tentatives à Milan et Valence, le record qu'il avait en tête depuis deux ans est finalement tombé à Amsterdam. "J'avais vu qu'il était accessible, mais je visais surtout de passer sous la barre des 3 heures. Le record, c'était la cerise sur le gâteau." Pragmatique, organisé et méticuleux, il a réussi à transposer cela dans les autres disciplines qu'il pratique, puisque le garçon est également triathlète. Où là encore, il ne se voyait pas réussir au départ. Comme pour le marathon, c'est grâce à son entourage qu'il s'est tourné vers le "tri", avec en ligne de mire son nouvel Everest, l'Ironman de Nice auquel il prendra part en juillet prochain. 

"Pas un solitaire"

Et pourtant, tout cela ne l'empêche pas de profiter de la vie. "Je suis quelqu'un de très organisé et j'ai la chance de vivre ici et de ne pas avoir beaucoup de trajet pour aller travailler. J'arrive à caler mes entraînements juste avant ou après le travail, tout en gardant du temps pour mes amis, mais aussi pour moi. La vie sociale est une chose très importante, je ne suis pas un extrémiste de l'entraînement, sinon on craque. J'ai l'avantage d'avoir des cercles d'amis dans ce que je fais au quotidien, ce qui me permet aussi de mixer les choses."

Il en va d'ailleurs de même pour les voyages, chose qu'il affectionne particulièrement. Et nombre des pays ou villes qu'il a pu visiter l'ont été au moment de courses. Ou inversement, comme lors de son séjour à Hawaï au cours duquel il en a profité pour prendre part à un triathlon sur place. Méthodique, on vous dit. 

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