Pierre-Ambroise Bosse Bosse, de la déconne au tartan

Sacré champion du monde du 800 m l'an dernier, Pierre-Ambroise Bosse cultive l'image d'un garçon blagueur, léger, mais n'en reste pas moins un gros travailleur. Il s'est d'ailleurs mis en tête d'apprendre le japonais avant, pourquoi pas, d’aller s'y poser un jour. Rencontre.

Pierre-Ambroise Bosse, ou "PAB", comme on l'appelle parfois, n'est pas un garçon facile à suivre. Que ce soit sur une piste d'athlétisme ou en interview. Ce fan de football est toujours prompt à un dribble ou un appel contre-appel, histoire d'envoyer son interlocuteur dans le zag alors qu'il part dans le zig, pour reprendre une formule chère à Jean-Michel Larqué. Venu à Monaco pour participer au meeting Herculis EBS sur le 800 m, sa spécialité, le natif de Nantes a pu se rassurer en réalisant son meilleur temps de la saison avant les championnats d'Europe (7-12 août) de Berlin. 

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Et ce même si sa course n'a pas été parfaite (6e place). La veille, fidèle à lui-même, c'est un garçon détendu qui évoquait sa personnalité pas comme les autres. "Je suis un gars du cru, qui a grandi un peu partout et qui s'est presque "parisianisé". Mais je suis aussi un petit gars qui aime grimper dans les arbres. A vrai dire, je suis plus proche du singe que de l'homme." 

Hyperactif

Pas à un contre-pied près, PAB manie la dérision et l'autodérision comme une seconde nature. Des attributs qui font partie de lui. Même si tout n'a pas toujours été comme ça. "Petit, j'étais plutôt réservé et quand je prenais la parole devant les autres, je devenais tout rouge et je n'étais pas bien. Ça m'a énormément frustré", confie-t-il, tongs au pied tout en grignotant un bout de pain. Car il est comme ça, Pierre-Ambroise Bosse, toujours à la limite d'un personnage qui n'est autre que lui-même. "C'est moi, j'ai conscience de ma connerie (sic). Il y a des gens qui rigolent du coup ça te pousse forcément à continuer. Et pourtant, je ne suis pas le plus drôle de mes potes.

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Une personnalité qui détonne dans le monde du 800 m, une discipline d'ascète. Mais qui a énormément apporté à un petit gars hyperactif qui avait d'abord débuté par le football et le rugby. "C'est à cause de ma sœur si j'ai commencé. Elle ramenait des coupes à la maison et ça commençait à m'embêter parce que moi je jouais au foot et je ne pouvais pas en ramener, elles devaient rester au club. J'ai été diagnostiqué hyperactif et le demi-fond, c'est une discipline de kamikazes, qui canalise bien ça. D'ailleurs, je conseille à tous les parents d'enfants hyperactifs de les mettre au 800 m le plus vite possible." 

Chats, mangas et japonais

Déconneur et gros bosseur, le garçon sait s'infliger de grosses charges de travail pour atteindre un niveau de performance élevé. Pour autant, il trouve tout de même du temps pour assouvir ses autres passions. S'il joue parfois "de la gratte", en reprenant du Brassens, celui qui vit à Paris la majeure partie de l'année est un fan de manga. De quoi le pousser à apprendre une nouvelle langue. "J'ai plein de passions qui ne peuvent pas toutes être assouvies car le sport est une grande partie de ma vie, c'est mon job. Mais j'adore le Japon, la culture japonaise et les mangas. Et là je me suis décidé à apprendre le japonais pour réussir à regarder les animés sans sous-titre. J'avais été au Japon, mais je ne comprenais rien et j'ai décidé que je n'y retournerai que le jour où je saurai parler japonais.

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Un pays où il pourrait bien aller vivre plus tard. Mais où il ira sans chat, car son petit "Rabs" ne vit plus avec lui. "C'était une garde alternée avec un ami. Il m'a dit un jour qu'il le gardait car il serait mieux chez lui avec son jardin. Et puis je suis allergique aux chats, même si je ne peux pas m'empêcher de m'y coller quand j'en vois un. Désormais j'ai un koala et j'essaie de voir qui dort le plus. C'est une peluche. On se tire la bourre et je ne suis pas loin de le rattraper.

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