Night Runner

Si ça n'a bien failli pas pouvoir se faire, la faute à un ischio récalcitrant, j'ai finalement pu m'aligner sur la ligne de départ de la No Finish Line. Mais de nuit. Autre ambiance, mais tout aussi convivial. Bref, j'ai couru la No Finish Line de nuit pour vous.

"Tu viens chaque année nous voir et faire des articles sur la No Finish Line mais on ne te voit jamais courir." Voilà une phrase que j'entends régulièrement. Au moment de préparer le sommaire de ce numéro, j'hésitais entre le Cross du Larvotto et la NFL. Mais quitte à courir (ce que je n'aime pas forcément), autant le faire pour la bonne cause. Sauf qu'un problème majeur s'est vite posé. 

M'étant blessé lors d'un match de football (déchirure à l'ischio-jambier), il devenait alors difficile de savoir si je serais ou non rétabli à temps. Mon ostéopathe et ses soins miracles ayant rendu possible l'impossible (une constante sur la NFL), j'ai finalement pu honorer mon engagement initial. Et plutôt que d'y aller le jour, j'ai choisi d'aller courir le soir, de nuit.

Récupérer la puce et retrouver les basktets

Feu vert du médecin, je décide donc d'aller fouler le bitume le vendredi soir, à 48 heures de la clôture de l'édition 2017. Mieux vaut tard que jamais comme on dit. Je cale les derniers détails avec ma photographe et il ne me reste qu'à préparer mon sac le jeudi soir, veille du jour J. Va-t-il faire froid ou les températures seront-elles clémentes ? Short ou survêtement ? Manches courtes ou manches longues ? Autant de questions auxquelles il fallait répondre pour définir la tenue idéale. 

Après une journée bien remplie, je quitte la rédaction, sac sur le dos, direction le Chapiteau de Fontvieille. Le rendez-vous avec notre photographe est pour 20 heures. J'arrive avec un peu d'avance… à 19 heures. J'aperçois le "vestiaire" et y entre pour me changer. C'est un espace cloisonné avec deux chaises. Et quelques signes d'incivilité puisque des runners ont laissé traîner restes de jus de fruits et bananes. De mon côté, je troque jean et chaussures de ville pour short et baskets.

Retour des sensations

Jambe droite d'abord, comme toujours, je prends le contrepied de Zinédine Zidane qui débutait par la gauche. Ayant de l'avance sur l'horaire défini, je décide donc d'aller marcher un peu, histoire de m'échauffer gentiment et de reconnaître plus en détails le parcours. L'occasion aussi de passer 2-3 coups de téléphone tout en croisant quelques têtes connues du milieu sportif monégasque. 

Csm32 No Finish Line Erika Tanaka 12

Deux tours plus tard, il est temps d'accélérer le rythme. Les premières foulées manquent d'assurance, la crainte d'une rechute étant bien présente. Rapidement, je sens que ça va tenir et que je peux accélérer. Loin des porteurs de dossard, qui avalent les kilomètres les uns après les autres, je maintiens une cadence intéressante pour une reprise.

 Les morceaux de barres de céréales chocolatées au ravitaillement sont un pur délice et j'en attrappe quelques morceaux à chaque passage. Manque de bol, c'est au moment où je mange que ma photographe déclenche les prises de vue. Qu'importe. Le parcours se vide peu à peu à mesure que les minutes passent, mais la cadence ne faiblit pas chez les coureurs. Marcheurs, avec chiens et poussettes rentrent tranquillement chez eux tandis que quelques sportifs solides continuent les tours. 

Musique dans les oreilles, pas question d'aller discuter le bout de gras avec mes copains coureurs. On approche les 21 heures et les jambes s'alourdissent. Mon compteur perso affiche 8,49 km. Il est temps de s'arrêter et de laisser la place à ceux qui trustent le haut du classement. Classement dont je n'ai vu que les bas-fonds. Mais c'est dit, l'année prochaine, je cours toute la semaine !

Publié le

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos