Dossier

Meeting Herculis : la valse des chronos

Le 18 juillet, un véritable feu d'artifice a eu lieu au stade Louis-II. À l'occasion du meeting Herculis, pas moins de sept meilleures performances mondiales de l'année ont été établies. Pascal Martinot-Lagarde, sur 110 m haies, et Pierre-Ambroise Bosse, sur 800 m, ont battu le record de France.

Tout au long de la dixième manche de la Diamond league, les chronos références de 2014 ont valdingué, emportés par la fougue des athlètes engagés à Monaco. Alors que les spectateurs (ils étaient 16 600) rejoignaient à peine leur siège, c'est la Colombienne Caterine Ibarguen qui a ouvert le bal lors du concours du triple saut en atterrissant à 15,31 m sur son dernier essai. 

Loin devant la Russe Yekaterina Koneva (14,89 m), qui venait juste de lui ravir sa meilleure performance mondiale (MPM) de l'année. Puis l'attention s'est portée sur le 1 500 m. Un rendez-vous qui en faisait saliver plus d'un. Il faut dire que depuis plusieurs semaines, certains avaient fait monter la sauce. 

À voix haute, de nombreux observateurs espéraient voir le record du 1 500 m tomber. Le Kenyan Asbel Kiprop avait annoncé la couleur la veille : il rêvait de faire vaciller le chrono d'Hicham El Guerrouj (3'26"00). Sur le tartan monégasque, Kiprop n'a pas réussi son coup. Il n'a pas non plus remporté la course, dépassé dans la dernière ligne droite par son compatriote Silas Kiplagat. 

Le temps affiché sur le tableau : 3'27"64. La meilleure performance mondiale de l'année. De quoi ouvrir l'appétit du vainqueur du soir : "C'est ma troisième fois ici, ça se passe toujours bien. Là, c'était une course au top. Je ne suis pas surpris par cette victoire, je savais que je pouvais le faire. Cela va me donner de la confiance pour les prochaines années, les Mondiaux et les JO. Pourquoi ne pas s'attaquer au record du monde… Je suis encore jeune et prêt à m'entraîner pour cela." 

Deux 800 mètres de feu

Quelques minutes avant, presque dans l'anonymat, la Néo-Zélandaise Valerie Adams avait décroché sa 53e victoire de rang au lancer de poids (20,38 m). Mais dans ce stade Louis-II où les conditions sont idéales, il suffit d'une étincelle pour que la nuit s'affole. Cette étincelle, c'était le 800 m masculin et ses cinq hommes qui en terminaient en moins d'1'43". 

Dans ce train d'enfer, le champion olympique, David Rudisha devait se contenter du wagon de queue (5e, 1'42"98), alors que la locomotive se nommait Nijel Amos. Le Botswanais franchissait la ligne après 1'42"45, se plaçait en tête des bilans annuels et battait le record du meeting. 

Au prix d'un superbe effort final, Pierre-Ambroise Bosse bouclait le double tour le plus rapide jamais réalisé par un Français (2e en 1'42"53). Rigolard en conférence de presse la veille, le successeur de Mehdi Baala (1'43"15) a su répondre présent. 

"J'ai eu un gros revers après le meeting de Paris, j'espérais vraiment battre le record national là-bas. Tout le monde l'espérait et on m'a mis beaucoup de pression. Même si j'ai appris à la gérer, ce n'était pas une situation facile pour moi. Cette fois, j'avais décidé de changer de stratégie, de ne pas penser à ce record. Je finis deuxième, ce n'est pas si mal. Amos est particulièrement fort sur la dernière ligne droite. Je peux être fier, le record est tombé, c'est bien", assurait-il en zone mixte, heureux.

Sur la même distance, chez les dames, le suspense a été au rendez-vous. Malgré un palmarès encore vierge dans les grands championnats, l'Américaine Ajee Wilson a tenu tête à la Kenyane Eunice Sum (1'57"67 contre 1'57"92), en dépit de la bagarre initiée par celle-ci après le dernier virage.

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