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Meeting Herculis, la piste aux étoiles

Le 19 juillet, la Diamond league a fait escale à Monaco. Dans un stade Louis-II presque plein, les performances de choix se sont enchaînées pendant toute la soirée. A moins d'un mois des Mondiaux, les cadors ont pris leurs marques sur le Rocher.

Dans quelques jours, l'enceinte monégasque frissonnera peut-être devant les exploits de l'équipe de football new-look de l'ASM. Mais ce soir-là, les 17 700 spectateurs préféraient largement les pointes aux crampons. 

En plein cœur de l'été, quelque temps après la ferveur populaire du Tour de France, qui avait gagné la Côte d'Azur pendant deux jours, le meeting Herculis a offert une belle bouffée d'oxygène à ceux qui étaient en manque de sport. 

Amateurs éclairés, fous de stats ou simples touristes en goguette, tout le monde avait une bonne raison de se diriger vers la Principauté. D'autant plus qu'il était possible d'assister à Herculis, l'un des plus prestigieux meetings de la planète, pour seulement 8 euros (le prix des places les moins onéreuses).

Les absents ont toujours tort

Pour le public, il fallait faire en sorte de gérer la première épreuve du jour. Une discipline un peu particulière dans laquelle il s'agissait d'éviter tous les embouteillages pour arriver à une heure décente dans le quartier de Fontvieille. Ceux qui avaient déjà assisté au meeting, notamment en 2011, pour la venue du Jamaïquain Usain Bolt, avaient pris leurs précautions.

Côté athlètes, certains avaient décidé de rebrousser chemin quelques jours auparavant, pour se ménager ou reprendre un cycle d'entraînement. Au triple saut, le Tricolore Teddy Tamgho manquait à l'appel. 

Tout comme Myriam Soumaré sur 200 mètres, freinée par des tendons douloureux. Sur 100 mètres, le "TGV de Culoz", Christophe Lemaitre, avait préféré rester en gare pour avoir une chance d'arriver à l'heure à Moscou, pour les championnats du monde. L'Américain Tyson Gay, contrôlé positif à une substance interdite (dont la nature n'a pas été précisée) devait faire une croix sur tous ses engagements, dont Herculis.

En plein pic de forme

Des désistements fâcheux, mais pas de nature à gâcher totalement la fête, loin de là. Jean-Pierre Schoebel, directeur du comité d'organisation, estime même que le millésime 2013 a été "meilleur que ce que l'on pouvait espérer. Ces forfaits ne nous ont pas vraiment pénalisés. Honnêtement, à l'heure de faire le bilan, je ne retiens que du positif. Le 100 m a été exceptionnel, on a eu la chance d'avoir une bonne météo, avec peu de vent. Et nous avions quand même un plateau d'excellente qualité."

À Monaco, les athlètes arrivaient avec un bagage physique impeccable, pas très loin de leur forme optimale à l'approche des Mondiaux. Et sur la piste du Louis-II, réputée pour sa rapidité, cela a souvent fait des étincelles. 

De notre côté, on se demandait pourquoi le tartan local favorisait la vitesse. "D'un stade à l'autre, on peut trouver des revêtements très différents. Certains utilisent des matières synthétiques collées sur une couche d'asphalte. Chez nous, ce sont des matériaux coulés comme une chape de béton", explique Jean-Pierre Schoebel. 

L'emplacement du stade, au niveau de la mer, favoriserait également les performances des coureurs de demi-fond. Des considérations théoriques que l'on a pu vérifier le vendredi soir. En l'espace de trois heures, pas moins de sept meilleures performances mondiales, deux records continentaux et quatre records du meeting ont été réalisés (lire par ailleurs).

Les Américains filent les premiers

Avant la démonstration de force des inépuisables Kényans sur de plus longues distances, les fusées du 4x100 m, hommes et femmes ont été les premières à faire frémir le stade. À l'applaudimètre, les Français luttaient avec les Italiens, soutenus par une cohorte de compatriotes en vacances. 

Sans faire de bruit, la "Team USA", qui engageait deux équipes dans chaque course, a fait parler sa puissance. Dossards rouges sur le dos, Octavious Freeman, Allyson Felix, English Gardner et Carmelita Jeter passaient la ligne avec trois centièmes d'avance sur leurs compatriotes de l'équipe bleue (41"75). 

Les Françaises (Gaydu, Danois, Distel et Ikuesan) terminaient troisièmes. Pas de discussion possible non plus avec Charles Silmon, Mike Rodgers, Rakieem Salaam et Justin Gatlin, intouchables (37"58).

Des yeux partout

Pendant ce temps-là, la Nigérianne Blessing Okagbare devait battre son record personnel pour s'imposer à la longueur devant la Russe Darya Klishina (respectivement 7,04 m et 6,98 m). Au disque, la championne olympique croate Sandra Perkovic conservait l'avantage sur la Cubaine Yarelis Barrios (65,30 m contre 64,24 m) sans trop trembler.

Pas de répit pour les spectateurs, surtout les novices, qui devaient promener leurs yeux aux quatre coins du stade pour ne pas perdre une miette de ce qui se tramait. C'était le moment de se concentrer sur le 400 m haies. 

De loin, on reconnaissait le double champion olympique Felix Sanchez. Comme toujours, il portait des lunettes profilées. Ce sera derrière ses verres teintés que le Dominicain verra le Trinidadien Jehue Gordon faire le tour de piste en 48 secondes tout rond (48"83 pour Sanchez, sixième).

Un regard vers les jambes interminables des concurrentes du saut en hauteur (lire en page suivante), un autre vers les premiers élans des perchistes, qui se dérouillent les jambes à 5,40 m. Puis le rythme s'emballe lors d'un 1 500 m cinq étoiles (lire également en page 60).

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