Dossier

La carte jeune de l’ASM athlé

Avec 364 adhérents, la section présidée par Alain Leclercq déborde de vie. Ce qui ressort de cette entité, c'est avant tout l'esprit club et le goût de l'effort que l'on y enseigne. Et les résultats sont là, l'ASM athlé est le troisième club du département derrière Nice et Cannes.

À la mi-septembre, sur la piste du Louis-II, l'heure de la reprise a sonné pour les jeunes athlètes. La bonne humeur est palpable, la douleur du retour au tartan aussi. Chacun a enfilé ses baskets fluo et son short, et les filles ont noué leurs cheveux. 

La saison débute par un mois et demi de préparation physique en tronc commun, histoire de reprendre les bonnes habitudes et de sonner le glas des écarts gourmands de l'été. "On commence par ce qu'ils n'aiment pas trop", commente Frédéric Choquard, spécialiste du sprint et des haies. 

Pour mener à bien cette mission, sept entraîneurs sont sur le pont. Yoann Binsinger, Didier Boinon, Jacques Candusso, Frédéric Choquard, Céline Grosselle, Stéphane Merlino et Nourredine Metiri délivrent leurs précieux conseils."On regroupe toutes les catégories, des benjamins aux seniors, qu'ils pratiquent le saut, la course ou le lancer.

 Ensuite, ils iront avec leur professeur spécifique", poursuit Frédéric Choquard. Pour faire passer la pilule, le coach n'hésite pas à donner de la voix et à se marrer lors de l'échauffement. Les athlètes, assis au sol, réalisent toutes sortes de contorsions afin de préparer muscles et articulations à la paire d'heures qui va suivre. 

"Allez, papillon. Les enfants adorent ça." Les voilà qui battent des cuisses en rythme. "Jambes tendues. Si on peut, on touche ses pieds. Si on ne peut pas, on ne force pas." On entend presque grincer. Tout en grimaçant, certains parviennent à se raconter deux ou trois anecdotes de ces vacances déjà lointaines.

 La Coupe de France du 4 x1 000 m en ligne de mire

"Vous venez là, on tchatchera après", ordonne l'entraîneur. "Comme vous êtes très nombreux aujourd'hui, on va se séparer en deux groupes. Les grands avec moi, les benjamins et minimes avec Céline (Grosselle, sprint-sauts-lancers) et Stéphane (Merlino, lancers et épreuves combinées)."

À l'autre bout de la piste, un petit groupe s'affaire. On aperçoit Jacques Candusso, spécialiste du demi-fond et des haies basses (celles du 400 m). L'atmosphère est gaie ici aussi, presque festive. À croire que les élèves ont manqué aux professeurs pendant ces deux mois de vacances.

Alors que le coach taquine les demoiselles sur la couleur de leurs chaussures, Paula Radcliffe nous passe devant. Foulée rapide, corps fin et tonique, la recordwoman du monde du marathon est une habituée du stade monégasque. 

"Pour la reprise, il leur faut faire beaucoup de kilométrage et une ou deux séances de musculation par semaine. Nous travaillons le demi-fond trois à quatre fois à Nice, au stade Charles-Ehrmann où nous courons sur l'herbe, et à Vaugrenier le week-end. Courir sur des sols souples, c'est l'idéal.

 C'est beaucoup moins brutal que sur du macadam pour les articulations", explique-t-il. Lorsque la période estivale est bel et bien terminée et les touristes envolés, il arrive souvent qu'ils partent travailler leurs jambes dans les escaliers de la plage de la Mala, à Cap-d'Ail.

 Une torture de laquelle Jacques Candusso parle avec enthousiasme. "C'est difficile, mais ça leur fait beaucoup de bien", sourit-il."Jacques, on court à quelle allure ?", demande une cadette. "Spécifique", répond l'entraîneur.

 Cela signifie qu'elles doivent lâcher les chevaux et courir à une allure de compét'. "Elles s'entraînent pour la Coupe de France du 4x1000 m qui se tiendra le 11 octobre, à Vineuil (Loir-et-Cher)", indique-t-il. Ce n'est donc pas la reprise pour tout le monde. 

Les équipes féminine et masculine qui se présenteront à la compétition tiennent un rythme intensif depuis plusieurs semaines déjà.Sur le petit bureau de l'entraîneur, plusieurs fiches destinées à chaque catégorie, des cadets aux vétérans. Habilement, il jongle entre les différents chronos et consignes.

"On reprend les fondamentaux"

Au loin, dans les gradins du stage, une fourmilière. Les jeunes élèves du coach Choquard poursuivent leur séance dans les escaliers des tribunes. "Aidez-vous des bras. Pieds joints, pas pieds en canard, les gars", ordonne la voix puissante.

 Du côté de Céline Grosselle et Stéphane Merlino, on fait des montées de genoux, talons fesses et pas chassés. "Pour finir l'échauffement, on reprend les fondamentaux. Tout le monde n'est pas au même niveau et il faut revoir les bases. Certains gardent une condition physique pendant les vacances, d'autres pas.

 En tout cas, qu'est-ce qu'ils changent en un ou deux mois", remarque Céline, ravie de retrouver son groupe. Elle regarde autour d'elle et constate qu'il y a beaucoup de nouveaux. "Et on fait quoi maintenant ? On n'est pas fatigués !", lance une petite tête blonde. "Vous faites un tour de stade, pas trop vite, à un rythme régulier. 

Si vous êtes en forme, vous en ferez un deuxième."Les voilà qui se tiennent prêts pour le départ et partent en trombe. "Restez dans le premier couloir, sinon vous allez parcourir plus de distance et vous fatiguer", s'égosille Céline.Après le tour complet, les benjamins et minimes font claquer leurs semelles pour s'arrêter, lessivés. "Bon ben, pas de deuxième tour, hein ?", lance Stéphane. "Non, j'ai mal aux chevilles", argumente l'une.

 "Je suis trop fatigué ce soir", commente un autre. La plupart des benjamins et minimes font environ deux ou trois compét' dans l'hiver, cinq ou six pour les meilleurs qui participent aux championnats régionaux et interrégionaux.

Les JPEE, une motivation supplémentaire

Il est 19 h 25, Frédéric Choquard balance la musique. La fourmilière a troqué les escaliers contre des tapis au sol. Une bonne séance de torture débute en rythme. Abdos, pompes et gainage pour tous. On discute moins qu'au début de l'entraînement. 

On souffre presque en silence. Le coach articule quelques blagues pour encourager la troupe. À la fin, applaudissement général pour féliciter les jeunes athlètes."On ne remettra les pointes qu'aux alentours du 15 octobre. Les compét' de la saison hivernale débutent en janvier, en salle", explique l'entraîneur. 

"L'année que nous attaquons est exceptionnelle parce qu'elle est marquée par les Jeux des petits États d'Europe, en juin (en Islande). C'est un peu comme pour les grands athlètes avec les JO, il y a une émulation et un état d'esprit différent. Cet événement motive l'ensemble des athlètes, les meilleurs comme les moins bons, qui vont chercher à se donner davantage."

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