Les foulées de l'hiver

Depuis sa création il y a 23 ans, le succès du traditionnel rendez-vous de l'Association Sportive de la Sûreté Publique ne s'est jamais démenti. La clé de sa réussite ? L'esprit des fêtes, des passionnés sans oublier une belle organisation et aussi un parcours difficile mais digne des paysages de carte postale.

Ca piquait drôlement ce matin-là. Et pourtant ! La fraîcheur de décembre était loin d'avoir dissuadé les runners qui s'étaient donnés rendez-vous nombreux sur le Port Hercule. Il faut dire qu'après 23 ans de bons et loyaux services, le Giru de Natale de l'Association Sportive de la Sûreté Publique (ASSP) a ses fidèles. A commencer par les pitchouns, la relève, qui dès 9 heures trépignaient d'impatience sur la ligne de départ tandis que leurs aînés venaient retirer leur dossard ou commençaient leur échauffement. En se promenant route de la Piscine, difficile de manquer les nombreux maillots estampillés AS Monaco (toutes sections confondues) qui se mélangeaient dans un festival de couleurs avec ceux des clubs de la région ou d'Italie. 

Mais ce dimanche-là, comme chaque année, l'esprit du Giru allait bien au-delà de la passion de la course à pied. Challenge entre amis, défi personnel, vocation caritative… ce qui fait tout le succès de ce rendez-vous, c'est son "côté convivial" analyse Philippe Espallargas, l'organisateur de la course. "Pour beaucoup déjà, c'est Monaco, notamment pour les Italiens qui sont attirés par la Principauté et qui représentent cette année 600-700 coureurs, le village de Noël... Jusqu'à ce que Villefranche-sur-Mer se greffe au calendrier, c'était la dernière course de l'année. Mais c'est la convivialité qui fait que ces gens-là adhèrent à la manifestation". 

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Et le tout jeune retraité de la police monégasque en sait quelque chose. S'il s'est retiré cette année de la présidence de l'ASSP passant le flambeau au jeune Bastien Isaïa, l'organisateur de l'évènement et désormais nouveau vice-président de l’association connaît "sa course", qu'il a vu grandir depuis près de 20 ans, sur le bout des doigts.

Record d'affluence

Cette année encore, le Giru a connu un beau succès, et ce pour la plus grande satisfaction de Philippe Espallargas. "Le bilan est positif, puisque nous sommes à 2  100 concurrents enregistrés, le record d'affluence a été battu. On a encore une marge de progression, mais c'est déjà pas mal, compte-tenu notamment du contexte international", souligne le vice-président de l'ASSP. Et 2 100 personnes, plus les parents et amis venus soutenir les courageux, ça en faisait du monde sur le boulevard Albert 1er. Derrière la ligne de départ, ça se bousculait à l'approche de l'heure fatidique, dans une joyeuse cacophonie, tandis que l'enthousiaste speaker n'était pas en reste. 

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Après avoir annoncé les favoris à suivre et leur palmarès, il proposait de céder à la mode du clapping, histoire de se réchauffer un peu et ne pas perdre le bénéfice de dizaines de minutes d'échauffement. Car, si le côté convivial prime, l'esprit de compétition n'est jamais bien loin sur ce 10 km du mois de décembre. Au programme : un parcours difficile, très technique qui, s’il suit toujours les mêmes grands axes – le Port Hercule, le Rocher et sa fameuse Rampe Major, le Casino, le Larvotto – subit chaque année quelques modifications aux grès des chantiers qui animent ici et là la Principauté. Une sacrée organisation qui a nécessité trois jours d'installation de barrières le long du circuit et mobilisé 140 bénévoles le jour J. 

Objectif triplé

Retour boulevard Albert 1er où, à 10 heures tapantes, le coup d’envoi est donné. Et si le départ s’est fait façon "troupeau", très vite, le peloton s’est étiolé laissant Noureddine Ariri filer en tête, suivi quelques centaines de mètres plus tard, par un autre Marocain et Quentin Chiai, carabinier du Prince et licencié à l'ASM Athlétisme. Et logique respectée, puisque 32'55 secondes plus tard, Nouredine Ariri confirmait son leadership en franchissant la ligne d'arrivée en tête, suivi par Mehdi El Maamari et Quentin Chiai, qui ne résista finalement pas au sprint final de son concurrent. 

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"Le deuxième a couru intelligemment, il est resté derrière et m'a laissé tout mener. J'aurais dû essayer de l'attaquer bien avant pour tenter de le lâcher parce que le sprint n’est pas mon point fort. Mais je n'avais pas les jambes aujourd'hui après ma grosse semaine d'entraînement", explique le carabinier, invité surprise de ce Giru. "C'est un parcours très exigeant parce qu'il y a deux côtes très difficiles. Je ne devais pas prendre le départ normalement car j'ai d'autres objectifs, notamment la Prom' Classic (début janvier), mais au dernier moment, avec mon entraîneur, on a décidé de courir. Avec mon ami Noureddine, le vainqueur de la course, qui est venu me rendre visite, on voulait essayer de faire premier et deuxième. Malheureusement, je n'ai pas réussi à lâcher mon concurrent. Mais c'est une belle course. On a pris du plaisir", souligne le coureur qui, après avoir remporté pour la deuxième fois le Cross du Larvotto en novembre dernier, affiche déjà de belles ambitions pour cette année. 

"Le Cross est un peu devenu ma course fétiche ici à Monaco. Je serai aussi à la Monaco Run en mars, j'en ai fait un objectif. Et l'an prochain, je vais gérer le calendrier autrement pour être en forme ici. J'aimerais, pourquoi pas, réaliser un triplé ". Verdict au prochain Giru !

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