AS Monaco athlétisme : L'école d'athlé fait sa rentrée

L'AS Monaco accueille chaque année une centaine d'enfants en début de saison pour son école d'athlétisme. Si le nombre de petites têtes blondes s'effrite au fil de l'année, nombre sont ceux qui s'y plaisent et découvrent ainsi les différents versants de cette discipline multisports.

Tous les ans, le mois septembre marque le temps de la rentrée scolaire. Mais c'est aussi celui de la rentrée sportive pour nombre de clubs de la Principauté. En ce début de saison, l'école d'athlétisme de l'AS Monaco avait fixé la sienne au 14 septembre. Rendez-vous était donc donné aux enfants et parents dans le hall du stade ­Louis-II avant que tout le monde ne suive les entraîneurs sur le tartan monégasque. 

Un moment toujours particulier puisque les parents peuvent assister à cette première séance, alors que pour le reste de la saison, ils n'ont pas le droit d'être présents, sauf occasion exceptionnelle. Et comme depuis plusieurs années maintenant, une centaine d'enfants étaient présents pour ce nouveau départ. De quoi donner du boulot aux sept encadrants que sont Jean-Pierre Schoebel, Jacques Candusso et Frédéric Choquard, assistés de jeunes du club, Malory Malgherini, Marvin Bouilly, Gregory Giuffra, mais aussi le coureur de demi-fond Brice Etes.

Une école qui "existe depuis toujours"

D'aussi loin que se souviennent les trois coaches, l'école d'athlétisme a toujours existé. Mais elle n'a pas toujours connu un tel succès. "Depuis quelques années, on est passé à 80-100 gamins à chaque début de saison", précise le trio. Cette année, ce sont les enfants nés à partir de 2009 qui peuvent intégrer les rangs de cette école sportive. "Avant c'est trop tôt et même 8 ans, on se rend compte que c'est déjà limite. Les enfants ont du mal à tenir une heure et demie. Pour cette catégorie, ce n'est pas vraiment de l'athlétisme, c'est plus de l'éveil athlétique", expliquent les coaches. 

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D'autant qu'il n'est pas simple de s'occuper d'un si grand nombre d'enfants. Ce qui fait dire au président du club, Alain Leclercq, qu'il faudra peut-être "limiter les inscriptions à un moment donné, faire un peu plus de sélection, ce qu'on ne fait pas pour le moment." Pourtant, cette année encore, il n'y avait pas de restriction de nombre, tous ceux rentrant dans les catégories d'âge pouvaient remplir une fiche d'inscription. "C'est aussi grâce aux jeunes du club qui viennent donner un coup de main que nous pouvons prendre autant d'enfants", rajoute le président. 

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Car pour épauler les trois entraîneurs, de jeunes licenciés du club sont présents pour jouer les éducateurs. Ce système, mis en place depuis une dizaine d'années à cause de l'augmentation du nombre d'enfants, permet aux jeunes de l'AS Monaco Athlétisme d'avoir le soutien du club pour passer leurs diplômes d'entraîneurs et de donner un coup de main en contre-partie. C'est aussi pour eux un bon moyen d'emmagasiner de l'expérience, chose indispensable dans le cursus qu'ils ont entrepris. "Cela montre aussi qu'ils ont apprécié leur temps dans ce groupe et qu'ils aiment transmettre ce qu'ils ont appris", note Alain Leclercq. Et avec les enfants, les spécialités de chacun s'effacent pour faire place à un enseignement global.

Une histoire de découpage

Comme les entraîneurs l'expliquent, les enfants sont divisés en trois catégories. "Il y a les 8-9 ans, qui sont eux-mêmes divisés en deux groupes et qui sont avec Jean-Pierre. Ensuite, les 10-11 ans et les 12-13 ans qui sont avec Frédéric et Jacques." Une fois divisées en groupes, les troupes formées vont travailler de leur côté, même si ce n'est pas toujours facile. Notamment chez les plus jeunes qui ont souvent des petits soucis de concentration. "On est admiratif de Jean-Pierre parce qu'on ne sait pas comment il fait. Il leur laisse souvent 5 minutes de défoulement entre chaque activité, c'est une sorte de zone de décompression. Parce qu'à cet âge-là, il faut savoir les amuser et être suffisamment strict pour que ça ne parte pas dans tous les sens", expliquent les entraîneurs. Chaque groupe travaille ensuite sur l'ensemble des disciplines de l'athlétisme, ou presque. Avec des cycles organisés sur 6 semaines, l'école ne fonctionnant pas pendant les vacances scolaires, les enfants travaillent systématiquement sur trois activités différentes.

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Un cycle peut ainsi leur proposer de faire du sprint, de la hauteur et du disque pour que le suivant leur apprenne les haies, la longueur et le poids. Un bon moyen pour eux de s'initier aux multiples disciplines que recèle l'athlétisme, même si pour certains d'entre eux, les choses se passent un peu différemment de la réalité, question de sécurité oblige. "Pour les 8-9 ans par exemple, ce sont des exercices aménagés. C'est l'IAAF qui a mis ça en place et l'appelle "kids athletics". Pour le sprint, ce sont des jeux de vitesse, il y a aussi des jeux de relais, du lancer de vortex ou de balle, les sauts sont aménagés", détaillent les coaches. 

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Surtout que dans l'idée de Jean-Pierre Schoebel, Frédéric Choquard et Jacques Candusso, comme pour leurs jeunes assistants, l'objectif n'est pas à la performance. "Nous, l'idée c'est d'essayer de leur faire comprendre ce qu'est l'athlétisme, qu'ils s'amusent, qu'ils développent leurs aptitudes physiques et motrices, les délier, avec pas mal d'exercices de psychomotricité. Et notre grande satisfaction, c'est qu'on voit les gamins progresser et évoluer."

Une source de futurs athlètes

Au-delà de ces aspects éducatifs et découvertes, l'intérêt sportif est lui aussi bien présent. "L'école d'athlétisme, c'est l'avenir, un investissement et on a pu vérifier par le passé, récent ou éloigné, que ça avait marché par le biais de plusieurs athlètes. Ce sont souvent les meilleurs qui restent et après cela, l'objectif pour nous est de trouver ceux qui pourront faire de la compétition", précise le président. Mais avant d'en arriver là, il y a tout d'abord une sélection à faire. Et qui se fait souvent naturellement, le nombre d'activités proposées aux enfants allant grandissant d'année en année. "On commence à 100 inscrits et il n'en reste que 70 à la fin de l'année. Et en général, 50 reviennent l'année d'après. Ce sont des âges où il y a beaucoup de renouvellement et les enfants essaient plusieurs sports", expliquent les coaches. 

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Mais parmi eux, certains réussissent à percer. "Dernièrement, on a eu l'avènement de la génération tapis, qui sont 10 jeunes issus de l'école d'athlétisme (voir CSM 22). Avant eux, on avait eu la génération Gremlins, celle de Brice Etes, parce que c'étaient de vrais petits monstres, ils grimpaient aux rideaux, s'accrochaient aux murs, on s'arrachait un peu les cheveux avec eux", se souviennent, rire en coin, les éducateurs. "Chaque année il en sort quelques-uns et cette dizaine qui veut continuer a déjà les fondamentaux de l'athlétisme."

Compétition

Des fondamentaux qui avaient pu être travaillés lors des petites compétitions et évènements organisés par le club pour ces enfants. Mais aussi pour que les parents puissent venir assister aux prouesses de leurs bambins sur le tartan monégasque. "Comme le règlement du stade interdit l'accès aux parents, ils regrettent de ne pouvoir assister à ce que font leurs enfants. Donc on organise des petites compétitions entre nous, notamment une en fin d'année. On a aussi un événement avec Peace and Sport et une compétition avec l'IAAF, le kids athletics, qui est spécialement pour les 8-9-10-11 ans. C'est ce qu'on travaille avec eux, mais sous le format compétition."

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L'an dernier, lors de cette journée, le président de l'IAAF de l'époque, Lamine Diack (depuis remplacé par Sebastian Coe) était venu rendre visite aux petites têtes blondes, de même que la marathonienne Paula Radcliffe. "Tout ça nous permet d'ouvrir l'athlétisme aux enfants, c'est à la fois une activité du club et de la fédération. On n'est pas un club recruteur, on a déjà assez de jeunes, mais ces activités permettent de les y sensibiliser assez tôt."

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