"Je suis un peu le grand frère"

Alors que les Jeux des Petits Etats d'Europe se déroulaient du 1er au 6 juin, le chef de mission, Raymond Gnutti, avait commencé son travail de repérage bien avant le départ de la délégation monégasque en Islande. Nous l'avons rencontré à quelques jours du début de ces XVIe Jeux.

Déjà 20 ans que Raymond Gnutti est le chef de mission de la délégation monégasque pour les Jeux des Petits Etats d'Europe (JPEE). Assisté par Sébastien Gattuso, les deux hommes assurent le bien-être et le bon déroulement des opérations pour les athlètes représentant Monaco lors des JPEE. 

Quel est le rôle du chef de mission ? 

C'est de s'occuper du bien-être de l'ensemble de la délégation, que ce soit des athlètes, des entraîneurs, des dirigeants ou des officiels. On gère les besoins du quotidien, qui vont des transports jusqu'aux salles de réunion. Leur rappeler les entraînements, les heures de compétitions, avoir une relation privilégiée avec le comité d'organisation. Pour ce faire, on assiste à des réunions quotidiennes avec eux et ils nous donnent les dernières nouvelles. Ensuite on transmet aux entraîneurs qui font le lien avec les athlètes. Mais dès qu'un entraîneur ou un sportif a une difficulté quelconque, il en réfère au chef de mission et c'est à lui de résoudre le problème, que ce soient des problèmes d'hébergements, de transport, de logistique ou autre. 

Et les problèmes sportifs ? 

Non, ce n'est pas mon rôle. Pour cela, il y a les dirigeants et les entraîneurs. Je n'interfère pas. Ce n'est pas de mon ressort. Après moi ce que je peux faire, c'est pousser sur la motivation, sur l'orgueil, sur la défense des couleurs. 

Vous avez un grand rôle sur la préparation des déplacements ? 

 On participe à des réunions, qui ont eu lieu cette année en mars. On va sur place rencontrer le comité d'organisation, ensuite on visite l'ensemble des lieux où se dérouleront les compétitions. Et le gros boulot, c'est la logistique de l'hébergement. On visite les hôtels, on essaye de discuter à la fois avec les gens de l'organisation et les patrons de l'hôtel pour essayer d'obtenir le maximum de commodités. On veut faire en sorte que chacun ait le minimum de confort pour réussir les meilleurs jeux possibles. 

Y-a-t-il d'autres difficultés ? 

Sur le terrain, c'est souvent la logistique des transports. On est régulièrement confronté à quelques difficultés les premiers jours. Les bus ne sont pas là ou ne sont pas à l'heure. Parfois, il n'y a pas le nombre suffisant. Il faut prévoir en amont pour pouvoir récupérer ceux qui sont restés sur le carreau. 

 Comment vous répartissez-vous les tâches avec Sébastien Gattuso ?

Ça s'est fait tout naturellement avec Sébastien, le feeling a été immédiat. Il me dit je gère ça, tu gères l'autre, mais on se partage les tâches. C'est vraiment au feeling, au moment où la tâche se présente. S'il y a deux difficultés en même temps, on répartit. Quand il y en a une seule, on y va à deux. Quand il y en a 3, on prend la plus pressée et ensuite on voit ce qu'il reste à faire.

Que pensez-vous des infrastructures sportives ?

J'avais fait les jeux en 1997 là-bas, et ça a nettement progressé. Une anecdote. En 1997, la piscine n'était pas couverte. Aujourd'hui elle l'est, mais à l'époque, des compétitions se sont déroulées sous la neige. Les nageurs étaient sur les plots de départ avec bonnets, gants, écharpes, et peignoir. C'est une année où il n'y a eu aucun faux départ (rires). Là, on a une piscine couverte. En Islande, c'est toujours la première semaine de juin. Après les infrastructures ne sont pas mal.

Quel est votre quotidien sur place ?

Le matin, c'est levé, petit-déjeuner et réunion des chefs de missions, en général vers 7h30-8h. Ça dure une heure, ensuite on revient à l'hôtel voir les délégations qui s'apprêtent à partir. On suit les entraînements et les différentes compétitions du jour. Dans la journée, ce sont des déplacements sans arrêt sur tous les lieux de compétition. Vers 12h, on se retrouve au lieu de repas commun où toutes les délégations sont réunies.

Et l'après-midi ?

On recommence, et on se retrouve ensuite le soir à l'hôtel pour faire un point avec les entraîneurs et les dirigeants qui nous exposent les difficultés auxquelles ils ont été confrontés. On en prend note pour transmettre au comité d'organisation. Le soir, il y a le repas avec tout le monde, et ensuite on fait un planning pour le lendemain. On se lève à 6h du matin, et on finit vers 1h quand tout va bien.

Quelle est la relation entre le chef de mission et les athlètes ?

Je suis très proche de tout le monde, je ne mets aucune barrière. Je souhaite que tout le monde me tutoie, du plus jeune au plus ancien. Certains n'osent pas, parce qu'il y a des tout-petits, mais je suis un peu le grand frère, je suis à l'écoute de tout le monde. Pour les entraîneurs, je suis leur ami, et pour les plus jeunes, je suis un peu un grand frère.

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