Bons baisers de Saint-Marin

Les Jeux qu'on aime

Les Jeux des Petits Etats d'Europe pourraient se résumer à une semaine de compétition sportive. Mais c'est en réalité bien plus que ça. Retour sur une semaine de compétition vu par notre envoyé spécial Romain Chardan

Après une première expérience en Islande où le dépaysement fut total, cap cette année sur Saint-Marin pour mes deuxièmes Jeux des Petits États. Une nouvelle sélection pour moi dans l'équipe de la presse monégasque où je retrouve avec plaisir le même groupe qu'il y a deux ans dans les rangs de Monaco Info. On ne change pas une équipe qui gagne à ce qu'on dit. Bref, après un départ post Grand Prix de Monaco, c'est une arrivée nocturne à Rimini, lieu où se trouvait l'hôtel, avec une courte nuit à la clé avant le grand début des Jeux. Ma voiture de location récupérée, un café collégial sur une plage interminable et il était temps de partir chercher nos accréditations, avant d'enchaîner sur un premier reportage puis la cérémonie d'ouverture. Une semaine dont boulot, partage et émotion allaient être les principaux ingrédients.

Boulot, boulot, boulot

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Car oui, les JPEE, c'est du boulot. Contrairement aux idées préconçues que d'aucun peuvent avoir, "Oh ça va, tu pars pendant une semaine à l'hôtel pour regarder du sport toute la journée !", on est loin de la semaine de vacances. Au programme, une centaine d'athlètes à suivre 6 jours durant. Naviguer d'un site à l'autre, prendre des notes, essayer de réaliser de bons clichés. Une fois la journée de terrain terminée, il faut passer à la deuxième partie, celle où on traite nos images puis l'écriture et la publication des articles sur notre site web. Avant de penser aux albums photos pour les réseaux sociaux. De quoi bosser jusque (très) tard dans la nuit. Mais cela fait partie du charme de la semaine. 

Partage

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Un charme qui se retrouve aussi dans le côté "aventure humaine" de cette compétition pas comme les autres. On entend souvent cette expression, mais il est vrai que dans ce cas précis, au-delà du sport, les JPEE en sont une vraie. Car la casquette de journaliste s'efface vite au profit de l'entraide ou des moments de partage qui nous sont donnés d'avoir. Et cela passe souvent par de petites choses. Comme partir du stand de tir et récupérer un sportif ou un membre de la délégation pour l'emmener avec moi, déposer une partie de l'équipe de judo à l'hôtel des athlètes à l'issue de leur compétition, prendre le temps de discuter avec les chefs de mission quand on les croise (coup de chapeau pour l'organisation). Mais aussi s'asseoir en tribunes, carnet de notes en main, au milieu d'autres athlètes et lâcher ledit carnet pour applaudir sur un point lors d'un match de beach-volley, tout en donnant de la voix. Profiter d'un passage à la natation pour échanger avec le coach, esquiver un jet d'eau destiné à rafraîchir les soutiens des beachers, tout en dégainant l'appareil pour immortaliser le moment, ou s'arrêter discuter un moment avec des judokas, dont une partie improvise un tournoi de baby-foot au cœur du village des Jeux. 

Des joies et des peines

Des moments qui permettent de tisser des liens avec les athlètes et leurs coaches au fil de la compétition. Une semaine de JPEE, c'est comme une année à suivre une équipe en somme, tant tout est décuplé. Avoir la double casquette de journaliste et photographe permet d'être au plus près de l'action. En bord de piste à l'athlétisme, à côté du banc de touche au volley ou des filets entourant les terrains de beach, derrière le pas de tir… De quoi nous permettre d'être aussi les derniers à dire un mot avant le start, un dernier regard, un encouragement. Et d'être aussi les premiers ou presque à pouvoir féliciter les athlètes, ou leur glisser un mot de réconfort en cas de déception. Une accolade pleine de sable après une victoire qui apporte une médaille de bronze, une main tenue après une chute lourde de conséquences, des sourires, des pleurs. Me rendre compte que mon corps ne m'appartient plus (je n'étais pas le seul dans ce cas-là) quand les judokas décident de fêter leur médaille par équipe avec nous. Pensée à l'homme planche. Autant de moments qui sont synonymes d'une émotion particulière. Avant, pendant ou après la compétition. Mais toujours avec une sincérité certaine, souvent propre au sport. 

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En tout cas dans ces moments-là. Les JPEE, c'est tout ça à la fois. On travaille, dur, on rigole, souvent, on râle aussi, beaucoup, mais on est toujours content d'y aller. De journaliste à supporter pour parfois en arriver à l'amitié, il n'y a souvent qu'un pas. A tous, merci pour ces moments. Et en attendant le Monténégro, dans deux ans, j'aurai plaisir à très vite vous retrouver pour les affaires courantes à Monaco. 

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Les collègues

Brièvement évoqués dans mon propos principal, je voulais aussi prendre quelques lignes pour adresser des remerciements à mes confrères de Monaco Info. David et Lionel Bernardi, Frédéric Helion, Charly Gallo, Serge Prémont et Emilie Rousseau. Car si je prends autant de plaisir à partir aux JPEE, c'est aussi parce que je me retrouve régulièrement avec eux le temps d'une course, d'un match, d'un repas, d'un café et que l'entraide est réelle. Ils sont plus que de simples confrères. Et leur travail sur la semaine relève des 12 travaux d'Hercule. Bravo à vous les copains.