Margot Moschetti : "C'était un peu la bagarre avec les gars"

Après une saison couronnée de succès, la vététiste de l'Union cycliste de Monaco (UCM) avait pris quelques jours de vacances en octobre. L'occasion, pour Margot Moschetti, de nous parler de sa place de fille dans le monde du VTT, de son couple et de son avenir.

A l'école, les filles étaient étonnées, elles ne comprenaient pas trop. Elles disaient que c'était dangereux", commence Margot Moschetti. Il est vrai qu'au rang des sports adulés par les petites filles, on n'inscrirait pas le VTT en premier. Pourtant, la vététiste de vingt ans pratique la discipline depuis toute jeune et a intégré le monde de la compétition à l'âge de treize ans. Alors qu'elle effectuait ses classes à l'école de Sospel, elle se faisait déjà remarquer. "Avec sa sœur, Maïly, elles ont commencé avec des vélos de supermarché. 

Puis un jour, un collègue est venu me voir en me disant : "Achète-leur de vrais vélos, parce que déjà là, elles mettent des claques aux garçons", se plaît à raconter Éric Moschetti, fier papa de Margot et responsable de la section cross-country à l'UCM. "C'était un peu la bagarre avec les gars. Pour eux, dès tout petits, c'est impossible de se laisser battre par une fille. Moi, ça me motivait encore plus", se souvient la jeune femme, amusée. 

"En compétitions, on roule sur le même parcours, même si après, il y a les courses filles et les courses garçons. Mais si je pars en reconnaissance avec eux, ils ne peuvent pas s'empêcher de se comparer."

Les randonneuses

Comme les demoiselles sont moins nombreuses que leurs camarades masculins, ils se font parfois de fausses idées sur elles. "Pas mal de filles arrêtent la compétition après la catégorie junior parce ça prend beaucoup de temps à côté des études ou d'un travail. Moi, ils me respectent parce que j'ai fait des résultats, mais sinon, ils ont tendance à nous prendre pour des randonneuses", explique Margot. "C'est-à-dire qu'ils pensent qu'on est là en dilettante et qu'on n'a pas besoin de s'entraîner autant qu'eux par ce que les places sont moins chères."
Elle a en tête des compétitrices qui l'inspirent et incarnent la force de travail. Elles font partie du groupe France, elles aussi. "Julie Bresset (championne olympique de cross-country en 2012) , je l'ai toujours trouvée très gentille. Elle vit une saison compliquée, mais elle m'a toujours impressionnée. Il y a aussi Pauline Ferrand-Prevot (championne du monde sur route en Élite cette année), elle est toujours au top."

À la conquête du monde

Le top, Margot le côtoie cette saison. Médaillée d'argent lors des championnats du monde de cross-country U23, la vététiste est aussi vice-championne de France de cross-country dames et espoirs. Et pour achever l'année en beauté, elle s'est octroyé le titre de championne de France de cross-country marathon dès sa première participation, juste avant de remporter le Roc d'Azur et de devenir la première Française à s'emparer de cette victoire, depuis Maryline Salvetat, en 2005. 
Et dans l'avenir, elle devrait être amenée à bouger encore plus. C'est ce qu'elle souhaite en tout cas, en s'engageant avec le team de Bart Brentjens (champion olympique et du monde néerlandais de VTT), Mountainbike Racing Team. "C'est une nouvelle source de motivation et ça me donne envie de faire encore mieux. C'est une plus grosse structure que Scott La Clusaz, et je vais pouvoir participer à toutes les manches de Coupe du monde en 2015."

Un couple et un vélo

Après de tels résultats, la licenciée de l'UC Monaco avait bien mérité ses quinze petits jours de vacances sans vélo. "On a fait un tour à Disneyland", annonce-t-elle. Le "on" désigne son compagnon, Guillaume. On la lance sur le sujet couple. "Moi, je lui ai dit : mon entraînement passe avant tout", assure-t-elle d'une voix douce.
"Je ne voulais pas d'un copain qui me demande de consacrer moins de temps au sport, ou moins de temps aux déplacements. Guillaume est basketteur, près de Dijon, alors il peut comprendre mes besoins." Lors d'une précédente rencontre, Margot nous avait confié ne pas pratiquer la grasse mat', trouvant que c'était une perte de temps. "Eh ben voilà, pendant qu'il reste tranquille à l'appartement, moi je vais rouler", raconte la demoiselle. "De toute façon, si je ne fais pas de vélo, je ne suis pas bien." 

Plutôt décontractée

Margot a des ambitions et ne s'en cache pas. "Le gros objectif de l'année, ce sera d'obtenir le maillot de leader de la Coupe du monde."En plus de l'envie d'être encore meilleure sur sa bécane, Margot explique qu'elle est bien dans ses baskets. "Après mon opération du genou, la saison passée, j'avais perdu du poids, et je ne l'ai pas repris. Mon entraîneur (Mickaël Bouget) voudrait que je prenne quelques kilos, mais je mange à ma faim, je roule et je ne reprends pas. 
J'essaie de ne pas manger trop gras, c'est sûr. Les biscuits, ce n'est pas pour moi. Sur les bosses, on est vraiment plus à l'aise lorsqu'on n'a pas de poids en trop. Je ne me suis jamais sentie aussi bien dans ma peau que maintenant." On lui demande si, lorsqu'elle n'a pas de la boue plein la tresse, elle se sent féminine. "C'est vrai que tout le monde me reconnaît à ma tresse (elle rigole). C'est pratique et rapide à faire, puis j'aime bien", indique-t-elle. "Moi, en dehors de l'entraînement, je ne mets pas de robe, de talons, tout ça. C'est pas mon truc. Je suis plus style décontracté, en jean. Mais après, je suis comme toutes les filles, je pense."

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Liste des Clubs : Union Cycliste de Monaco

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