Le professionnel

Charles Leclerc fait de plus en plus parler de lui par ses performances sur l'asphalte. Promis à un bel avenir en F1, le Monégasque est aussi et avant tout un grand professionnel.

La Principauté de Monaco est reconnue pour être une terre d'aficionados du sport automobile. Si de nombreux pilotes y résident, le territoire monégasque a su lui aussi donner naissance à quelques "drivers" de talent. On pense ainsi à Clivio Piccione, Stéphane Ortelli, Stéphane Richelmi ou Stefano Coletti, qui ont exploré diverses voies. La Formule 1 en a aussi connu par le passé, avec des noms comme Louis Chiron, André Testut ou plus récemment Olivier Beretta. Mais aujourd'hui, il y en a un nouveau qui tape à la porte et se verrait bien faire sa place parmi les plus grands. Lui, c'est Charles Leclerc.

Apprentissage varois

La carrière de Charles Leclerc a débuté très tôt. Alors qu'il n'était encore qu'un petit garçon qui découvrait le karting. "J'ai eu un coup de foudre pour le sport auto quand j'ai essayé. J'avais 3 ans et demi et j'avais dit à mon père que j'étais malade afin de ne pas aller à l'école. Il allait voir son meilleur ami, Philippe Bianchi, le papa de Jules. Je suis allé avec lui et j'ai essayé le kart pour la première fois sur la piste de Brignoles. Sur le chemin du retour, j'ai dit à mon père que je voulais faire ça plus grand." Et le bambin de l'époque n'a jamais changé d'idée. 

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Se rendant régulièrement en terres varoises pour parfaire son apprentissage, il n'a pas mis longtemps à se distinguer en compétition, que ce soit sur la scène nationale ou internationale. En kart, d'abord, avant de prendre son envol en monoplace. Quatrième en Formule 3 (2015), champion de GP3 l'an dernier, leader du championnat du monde en F2 cette année, le jeune homme brille sans attendre. S'il est difficile de dissocier le pilote du jeune homme, il est deux choses que l'on ne peut enlever de sa personnalité. Son attachement à ses proches et son professionnalisme.

Une histoire de famille

Bien qu'il ait toujours été près des siens, la perte de son papa, le 20 juin dernier, n'a fait que renforcer les liens avec sa famille. "J'ai toujours été très proche de mes frères, et ce depuis petit. Avec les parents, c'est toujours un peu compliqué à l'adolescence, mais tout cela m'a fait réaliser qu'il faut savoir mettre les problèmes de côté et profiter le plus possible des personnes que l'on a", confie Charles. 

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S'il est souvent absent pour raisons professionnelles, et que l'essentiel de son temps est dédié à son métier, il n'oublie cependant pas de revenir en Principauté pour prendre un peu de bon temps avec ses amis et sa famille. "Quand je ne suis pas en train de travailler pour atteindre mes objectifs, je vois ma copine, mes frères, ma mère et ma grand-mère. J'aime beaucoup le sport donc je joue aussi souvent au tennis et dès que je peux, j'essaie de voyager car j'adore ça. J'ai du mal à rester à l'arrêt."

Fou de travail

A 19 ans (il aura 20 ans le 16 octobre), Charles Leclerc passe la majeure partie de son temps à travailler pour atteindre son objectif, "être le meilleur pilote possible. Le sport auto est tellement une énorme partie de ma vie que c'est difficile de me voir autrement que comme un pilote. Je suis un jeune normal quand je suis hors des pistes, mais ça correspond à 1% de mon temps parce que les 99% qui restent, je bosse pour être le meilleur possible. Et être peut-être le meilleur un jour en F1." Véritable acharné de travail, pour lequel il prend un énorme plaisir, 

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Charles ne se voit pour autant pas comme un surdoué, même s'il est parfois présenté comme tel. "Je ne me dis pas vraiment ça. C'est sûr qu'il faut avoir un certain talent pour commencer, mais je pars du principe que si quelqu'un a le talent et qu'il ne le travaille pas, il n'ira nulle part. Ça s'est bien passé dès le début pour moi, j'ai eu de la chance pour ça, mais il y a eu aussi beaucoup (il insiste) de travail pour que ça se passe aussi bien cette année." Pas du genre à s'enflammer, même en cas d'articles élogieux, le jeune homme se remet en question après chaque course et les analyse afin de voir sur quels points il doit travailler pour s'améliorer.

Pro jusqu'au bout

Fan d'Ayrton Senna, Charles Leclerc s'est aussi beaucoup inspiré de Jules Bianchi, son parrain sportif, à ses débuts. Avant de s'émanciper de ces deux figures tutélaires pour développer son propre style de pilotage, qu'il définit lui-même comme agressif, et travailler ses points faibles comme ses points forts. Mature malgré son jeune âge, il renvoie déjà l'image d'un grand professionnel. "On me le dit assez souvent. Ce n'est pas une image que je donne de moi, c'est vraiment moi. J'essaie d'être le plus professionnel possible. Le sport auto est vraiment un monde très spécial, c'est très difficile de faire partie des 20 meilleurs pilotes au monde et pour y arriver, il faut être meilleur que les autres. Je n'ai que 19 ans, donc il faut que je sache me distinguer par rapport aux autres. En tout cas, je fais tout pour.

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S'il est difficile de s'y faire des amis, il peut néanmoins compter sur son manager Nicolas Todt, qui est bien plus aujourd'hui. "C'est devenu un ami. Plusieurs événements ont fait qu'on s'est beaucoup rapproché. Le décès de Jules, qui était mon parrain sportif, parce qu'on était tous deux très proches de lui. Puis la mort de mon père, qui était un ami de Nicolas. C'est un ami avant tout et mon manager. J'ai beaucoup de chance de l'avoir à mes côtés car je peux me concentrer sur la piste, le reste, c'est lui qui s'en occupe. C'est vraiment un énorme poids en moins pour moi." Motivé comme jamais, il ne lui reste désormais plus qu'à continuer d'avancer plein gaz vers son rêve et rendre encore un peu plus fiers son papa et Jules qui l'observent depuis leur tribune.

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