Le nouveau défi de Richelmi

Après trois saisons passées en GP2, le Monégasque Stéphane Richelmi a débuté cette année une nouvelle aventure en GT series au sein du team belge WRT. Un choix réfléchi et porté vers l'avenir pour le vainqueur du Grand Prix de Monte-Carlo de l'an dernier en GP2.

Il arrive toujours un moment dans la vie où il faut savoir prendre le bon virage, choisir la bonne direction. A 25 ans, Stéphane Richelmi est arrivé à ce carrefour. Sa troisième saison en GP2 touchait à sa fin, et la question de l'avenir devenait de plus en plus pesante. "Je suis arrivé à 25 ans et j'étais encore en GP2, aux portes de la Formule 1, mais en même temps, j'en étais très loin. En F1, il faut être parmi les meilleurs et je ne suis pas Vettel ou un autre. Le GP coûte beaucoup d'argent, et la F1 encore plus", analyse l'ancien de la maison Dams. Cependant, cette introspection le pousse un peu plus loin dans sa réflexion. "La F1, tout le monde connaît, et j'ai rêvé de ça depuis tout petit. Mais en grandissant, on se rend compte qu'il y a autre chose." 

Changement de cap

Et à en croire le principal intéressé, la décision de changer de route a été prise l'été dernier. "Je savais à ce moment-là que je n'allais pas repartir sur une 4e saison de GP2. La saison dernière, la troisième donc, devait être celle où j'allais exploser en terme de résultats, mais ça ne s'est pas passé comme ça. En dehors de ma victoire à Monaco, l'année n'a pas été très bonne", confie le pilote. 

Confiant en début d'année, un manque de réussite sur certaines courses instaure le doute dans sa tête. "Je me posais des questions, je commençais à manquer de confiance en moi et après, c'est un cercle vicieux. Au final, ça a été une mauvaise saison." Alors que la réflexion quant à son avenir allait bon train, une proposition tombe au bout du fil. "Mon manager, qui connaît très bien Stéphane Ortelli, me dit qu'il y a une place pour deux courses avec Stéphane en GT Series parce que son équipier quittait le team. Je me suis dit pourquoi pas, donc j'y suis allé, et ça m'a plu." 

GT Series

C'est une nouvelle aventure qui débute pour le jeune monégasque. En intégrant le team WRT qui court sur les Blancpain GT Series, Stéphane Richelmi retrouve un autre pilote monégasque. "En rentrant chez WRT, je leur avais dit que je voulais vraiment garder Stéphane Ortelli comme coéquipier. On roule à deux, notamment sur les courses en Blancpain Sprint. Les courses y durent une heure et on se relaie au bout de 35 minutes en général." Aujourd'hui coéquipiers, les deux représentants de la Principauté se côtoient depuis de nombreuses années. "Je le connais depuis que j'ai 13-14 ans. A cette époque, j'étais en karting et pour rire, je lui disais qu'il était le maître et que j'étais l'élève. Mais on faisait tout de même quelques courses", raconte Stéphane Richelmi. 

Avenir

Ce choix des GT Series, c'est aussi un choix tourné vers l'avenir. En effet, certains pilotes engagés dans ce type de courses sont salariés de l'usine, à l'image d'Ortelli qui travaille pour Audi. "Par rapport au budget qu'il faut amener et les débouchées possible, le GT était pour moi la meilleure option. L'objectif est de devenir pilote usine", assure Stéphane Richelmi. Pour ces pilotes, le quotidien est un peu plus fastidieux que les autres. Outre les courses et les essais, ils doivent également "assurer la promotion de la marque, faire des stages de pilotage", précise le Monégasque. 

Un bon moyen de rester au contact de sa passion et d'en vivre. Car malgré l'abandon du rêve de la F1 et la découverte d'un nouvel univers, Richelmi ne regrette rien. "Quand je me réveille le matin, ça me plaît autant. Bien sûr, je suis déçu de ne pas être en F1 parce que c'est le Graal, mais je ne suis pas frustré de ne pas y être. Le GT va moins vite que la GP2, on prend moins de G, mais c'est super aussi et les courses sont très sympas. Je fais ce que j'aime et c'est tout ce qui compte."

Projet 

Courir sur les GT Series lui laisse également plus de temps libre. "Ca me prend beaucoup moins qu'en GP2, et j'ai bien le temps d'avoir une vie à côté." Après sa séance de sport quotidienne le matin, Stéphane Richelmi peut s'occuper un peu plus des deux sociétés qu'il a montées avec des amis. D'un côté, Green Heart Monaco, dédiée à l'éco-technologie. "Notre créneau, ce serait vraiment de faire des routes et des chemins de fer qui produiraient de l'électricité.A côté de cela, j'ai aussi créé une société dans le bâtiment avec des amis. On grandit tout doucement et j'essaie de les aider autant que je peux." Mais au milieu de toutes ses activités, une chose n'a pas échappé à l'ancien pensionnaire de l'antichambre de la F1. Le Grand Prix de Monaco.

 Vainqueur l'an dernier en GP2, c'est la première année depuis 3 ans qu'il ne le fait pas, non sans une pointe au coeur. "J'ai un peu les boules. Quand je vois les rails... J'y étais, j'ai profité, et le dernier tour que j'ai fait, je me suis dit, profite après, c'est fini. Je n'ai pas réalisé la victoire sur le coup, mais tout l'ensemble du week-end a été super. C'est une belle sortie, et pour faire un meilleur jour que ça dans ma vie, ça va être difficile." En attendant, il reste quelques courses à gagner en GT Series, histoire de se faire quelques jolis souvenirs de plus...  

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