L'équitation version marathon

Spécialisé dans l'équitation d'endurance, le Team EFG Monaco, managé par Henry-David Guedj, performe depuis plusieurs années sur le circuit national mais aussi international. Et compte parmi ses rangs la jeune monégasque Laura Gramaglia.

Autour d'un café ou dans son domaine, Henry-David Guedj, que tout le monde appelle David, est disert dès lors que l'on aborde l'équitation. Plus qu'un sport, c'est une vraie passion pour cet homme. Il en est d'ailleurs de même pour sa famille, puisque son frère et ses fils sont eux aussi cavaliers professionnels. Et tous se sont orientés vers la même discipline, l'endurance. Une forme d'équitation qu'ils pratiquent sous les couleurs du Team EFG Monaco. Lorsqu'on les retrouve dans leur domaine, à quelques kilomètres de la Principauté, les sourires sont de sortie. On prépare tranquillement les chevaux pour l'entraînement du jour. Chacun s'affaire de son côté. Couleurs du Team sur le dos, l'heure est aux derniers réglages avant de se mettre en selle.

Un Team privé

Le Team EFG Monaco n'est pas un club classique. "C'est une écurie de course privée", glisse Henry-David Guedj, Team manager du groupe. "On ne fonctionne qu'avec des copropriétaires, ce qui permet d'avoir au minimum 2 personnes pour s'occuper d'un cheval." Créé en 2010, ce Team privé est le fruit d'une rencontre. Coach sportif, il s'occupait alors de Jean-Claude Guillaume, propriétaire du Haras de Jalima, "le seul élevage de chevaux monégasques. Il voulait faire sa première course internationale une étoile (CEI*) en 90 km et je le préparais pour cela. Il a réussi une très belle performance en terminant dans les 15 premiers et m'a ensuite offert une course sur un pur-sang arabe. C'est comme ça que j'ai découvert l'endurance.

2x70 Km Monpazier Samedi 2018 198 Copie

Bien que cavalier depuis ses 12 ans, le Team manager n'avait jamais pratiqué cette discipline avant ce jour. Un essai concluant qui l'a incité à monter sa propre structure. "Je ne voulais pas travailler avec des débutants, c'est pour ça que tous nos cavaliers sont autonomes et copropriétaires. Ils viennent, ils sortent leurs chevaux, on a un thème d'entraînement et on monte. Mais ce qu'on cherche avant tout, c'est prendre du plaisir."

Des entraînements à la carte

En endurance, les distances varient en fonction des courses. Des premières à 20 km jusqu'aux plus longues pouvant aller au-delà des 150 km, les séances d'entraînement sont donc adaptées à celle qui approche. Mais tout cela se fait en fonction des disponibilités de chacun. "On a des créneaux pour les juniors le mercredi après-midi et le samedi matin en période scolaire. On peut ajouter une à deux séances supplémentaires lors des vacances. Pour les adultes, je me mets à leur disposition et on s'adapte", précise Guedj. 

Erika Tanaka Csm Equitation 18

Le contenu varie, lui, en fonction des périodes et peut prendre divers aspects. "Il faut savoir que le cheval fait déjà 30 à 33% de son travail sur le simple fait de monter et descendre dans le parc en dénivelé que nous avons. Comme nos chevaux sont des pur-sang arabes, ou des demi-sang arabes, il faut les faire travailler car ce sont des Formule 1. Nous sortons donc 5 à 6 fois par semaine avec différents thèmes. Nous leur faisons aussi faire des entraînement sur tapis de course, en hippodrome et de longues randonnées au pas pour qu'ils s'habituent à nous avoir sur le dos avec de gros dénivelés, mais aussi du fractionné, pour leur faire travailler le rythme cardiaque, un point important lors des compétitions."

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L'importance du cardiaque

Lors des courses d'endurance, des contrôles médicaux sont effectués à chaque boucle terminée. Des contrôles complets où le rythme cardiaque est le premier point vérifié. "Si l'on prend l'exemple d'une course internationale, il y a un contrôle la veille où le cheval est passé en revue : plis de peau, métabolisme, les yeux, la respiration, le rythme cardiaque, les allures. A la moindre défaillance, une irrégularité dans les allures, le cheval ne part pas. A l'issue de chaque boucle, quand vous franchissez la ligne, votre équipe d'assistants vous attend, on enlève la selle, on arrose, on vérifie le rythme cardiaque, quand le cheval est bon, on, y va. Le véto prend le cardiaque en premier." Une fois cela validé, un examen complet est de nouveau réalisé avec des vérifications sur le métabolisme, la déshydratation, le pli de peau, les yeux, etc. Après cela, un nouveau test est réalisé, cette fois sur le "trotting", où le cheval fait un aller-retour devant les juges pour que ces derniers observent sa gestuelle à la recherche du moindre problème. Une fois tout cela validé, le cavalier et sa monture peuvent se reposer avant de repartir ou obtenir leur classement après le dernier contrôle. En cas de non-satisfaction à la visite médicale durant la course, le cavalier et sa monture sont disqualifiés.


Record du monde

C'est une course qui date de l'époque moderne. Ou plutôt qui trouve son origine à l'époque moderne. Au cœur du XVIIe siècle. L'histoire voudrait que le mousquetaire d'Artagnan, ensuite rendu célèbre dans les écrits d'Alexandre Dumas, aurait rallié Paris depuis Saint-Valery-sur-Somme en 12 heures, usant de 4 chevaux pour autant d'étapes dans son voyage afin de remettre un collier à la reine. En 1987, le cavalier Xavier Libbrecht a relevé le défi, établissant au passage un record en 11 h 54. Depuis, personne n'avait battu ce temps. "L'an dernier, Xavier Libbrecht et Gaston Mercier ont lancé un appel à qui voudrait relever ce défi. La Suisse et Monaco ont répondu favorablement. Au bout de 100 km, nous avions déjà deux heures d'avance sur la cavalière suisse qui a abandonné. Nous avons été au bout et Brandon Guedj a battu le record, en établissant un nouveau au passage, en 11 h 30. Une performance d'autant plus forte qu'il n'y avait que 15 minutes de pause pour le cavalier à chaque étape où un nouveau cheval l'attendait."